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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes et poésies, 1864

Souré-Ha

Léon Dierx· sizains, alexandrins, 534 vers

I

Le dieu, source de vie‖ et de chaleur féconde,Qui déverse à flots d’or‖ ses bienfaits sur le monde,Le grand Phré, brûle. Il tend‖ son disque au haut des cieux.Le zénith embrasé‖ s’environne de flamme.Le Nil, père des eaux,‖ reluit comme une lame,Épanchant son limon‖ sur le berceau des dieux.

Partout le sable aveugle‖ et le désert flamboie.Pas un homme ne passe‖ et pas un chien n’aboieDans les villes aux blocs‖ d’édifices carrés.Depuis le vert delta‖ jusqu’à Thèbe aux cent portesDont les temples sous eux‖ cachent des cités mortes,Tout se tait et s’endort‖ sous les rayons sacrés.

Comme une nécropole,‖ elle aussi, dans la brumeMemphis là-bas s’étend‖ près du désert qui fume,Muette, et l’on dirait‖ un silence éternel.Sur les pylônes peints‖ dressant sa silhouette,L’ibis dans son jabot‖ gonflé plonge la têteEt sur un pied médite,‖ en découpure au ciel.

Un plus lourd ennui plane,‖ et tout travail fait trêve.Les palmiers vers le sol‖ d’où nul vent ne s’élève,Penchent leurs longs cheveux‖ dans l’air de diamant.Les aiguilles de marbre‖ en grêles colonnadesJaillissent par milliers,‖ et sur les esplanadesOn peut voir s’avancer‖ leurs ombres nettement.

Aux pourtours des palais,‖ auprès des pyramides,Ces monstrueux défis‖ aux nations timides,Les grands sphinx accroupis‖ ouvrent leurs yeux sereins.Trapus, le corps perlé‖ d’une sueur divine,S’enveloppant au loin‖ d’une poussière fine,Ils songent aux secrets‖ qui font ployer leurs reins ;

Et scellés à jamais‖ dans leur morne posture,Sentinelles du temps,‖ regardent la natureSous le pschent de granit‖ dont s’ombrage leur front.Rien ne doit les sortir‖ de leurs longues pensées ;Impassibles gardiens‖ des croyances passées,Ils sont les durs rêveurs‖ qu’aucun bruit n’interrompt.

Ils contemplent l’Égypte‖ avec leurs yeux énormes ;Frères de tous ses dieux‖ aux impossibles formes,Ils portent sur leur dos‖ toute l’éternité.Seuls, quelques caïmans‖ se traînent dans la fange ;Et parfois flotte et glisse‖ au cours droit d’une cangeUn chant marin qui meurt‖ par le fleuve emporté.

II

Ah ! Qui pourra sonder‖ la tristesse qui noieUn jeune et doux visage‖ accompli pour la joie !Qui pourra te comprendre,‖ ô mystère des yeux,Plus profond que la mer,‖ plus vaste que les cieux ?Lorsqu’un soupir se mêle‖ à la harpe plaintive ;Lorsqu’un de longs cils noirs‖ une perle furtiveBrille comme une larme‖ et tombe, et reparaît ;Lorsqu’un mal contenu‖ soulève d’un seul trait,Sous un gorgerin d’or,‖ un sein vierge qui trembleAu battement des sons‖ et du cœur tout ensemble,Et sur lequel remonte‖ un nuage vermeil,Aurore de l’amour,‖ chaste et brûlant éveil !La brune Souré-Ha‖ comprit que la natureN’avait pas de sanglot,‖ pas de note assez pureDignes de terminer‖ son hymne de douleurs,Et s’arrêta, laissant‖ couler en paix ses pleurs.Goutte à goutte ils tombaient‖ de leur source divine ;Et quelque boucle sombre‖ errant sur sa poitrine,Semblait vouloir chercher‖ et boire avidementCes pleurs, ces pleurs d’amour,‖ ignorés de l’amant !Sur de nombreux coussins‖ où se perd l’arabesque,Les yeux distraits tournés‖ vers les murs tout à fresque,Samhisis, au teint clair,‖ au beau bras délié,S’abandonne, un jarret‖ sous l’autre replié.Son corps est sinueux‖ comme une souple plante ;Et s’il vient à bouger,‖ sa gorge étincelanteÉcarte des tissus‖ le bout d’un globe dur.Quelle caresse aurait‖ sa prunelle d’azur !Mais ce n’est pas l’amour‖ qui pèse sur sa tête ;Ce qui fait s’abaisser,‖ dans une heure inquiète,Comme un long vol d’oiseaux‖ au bord d’un lac, le soir,Ses sourcils, ce n’est pas‖ un secret désespoir.Non ; c’est l’ennui stagnant‖ sur Memphis écraséeQui l’accable, et sa peau‖ si fine est moins rosée,Et son petit pied nu,‖ dans l’ombre, par instant,Hors du pagne lamé‖ s’éclaire en s’agitant.Quand Souré-Ha se tut,‖ ses mains encore errantesPour un dernier appel‖ sur les cordes vibrantes,D’une voix languissante‖ elle lui dit : « Ma sœur,Ne pense pas avoir‖ dissipé ma torpeur :Non ; tu l’as alourdie.‖ O Souré-Ha ! Pardonne ;Pour m’égayer, plutôt,‖ si tu veux être bonne,Au lieu d’accords plaintifs‖ pareils aux bruits que fontLes vents mortels, le soir,‖ dans un arbre profond,Tu chanterais, ma sœur,‖ quelques chansons bien folles,Ou quelques airs de danse‖ aux légères parolesQui me rendent les nerfs‖ avec l’esprit joyeux. »Vers elle Souré-Ha‖ ne leva pas les yeux.Rien ne semblait pouvoir‖ troubler sa rêverie.L’insoucieuse fille‖ alors, comme attendrie,Regarda de nouveau‖ cette sœur qui pleurait :« Aurais-je deviné,‖ fit-elle, son secret ?C’est l’amour qu’elle enferme‖ et qui lui ronge l’âme.L’amour seul dans les yeux‖ sait mettre autant de flamme ;Pour l’embellir ainsi,‖ l’amour seul dans la voixSait mêler la douleur‖ et l’ivresse à la fois.Je le saurai bien vite !‖ » — Oh ! Les charmantes posesQue prit pour se lever‖ l’enfant aux lèvres roses !A côté de sa sœur‖ elle s’en vint s’asseoir.Souré-Ha demeurait‖ pensive sans la voir,Sans l’entendre, à son rêve‖ intérieur fidèle.La cadette sourit,‖ se pencha plus près d’elle,Et murmura tout bas‖ ce seul mot : « Thaéri ! »Comme un chevreau peureux‖ et qui cherche un abri,Souré-Ha, tressaillant‖ à ce nom tout entière,En trouble, se tourna‖ vers celle qui derrièrePlongeait dans son regard‖ un regard curieux.Rougissante de honte,‖ elle baissa les yeux.« Je m’en doutais déjà,‖ dit Samhisis ; tu l’aimes !Et c’est assez longtemps‖ vous cacher de vous-mêmes.Tout à l’heure il viendra,‖ comme il fait chaque jour,Et je prétends sur toi‖ détourner son amour.— Tu te trompes, ma sœur,‖ dit Souré-Ha, confuse ;Et je ne sais quel dieu‖ t’a conseillé ta ruse.— Tu l’aimes, j’en suis sûre ;‖ et s’il vient aujourd’hui,Il saura quel bonheur‖ était là, près de lui.— C’est toi seule qu’il aime,‖ et que seule il appelle ;Et quand donc à ses vœux‖ te montras-tu rebelle ?A quoi bon ces discours,‖ ma sœur ? Toi-même, hier,Ne me parlais-tu pas‖ de son port libre et fier ?N’as-tu pas, l’autre jour,‖ ôté pour lui ton voile ?Depuis qu’il t’aperçut,‖ comme une blanche étoile,Par un beau soir, portant‖ l’amphore au puits sacré,N’as-tu pas vu grandir‖ l’amour qu’il t’a juré ?D’où vient que sans raison‖ ta bouche le renie ?— Je m’amusais de lui,‖ voilà tout. L’insomnieN’a pas à mon chevet‖ cloué son souvenirComme au tien. Tu pâlis‖ quand tu l’entends venir.J’y songe à peine ; toi,‖ tu pleures dans l’attente.— Je te dis que c’est toi‖ qu’il aime ! Et sous sa tenteC’est pour toi qu’à genoux‖ il invoque Rhéa.Ce n’est pas pour aimer,‖ moi, qu’Ammon me créa.— Si tu ne l’aimes pas,‖ alors pourquoi ton trouble ?Pourquoi cette rougeur‖ si prompte qui redouble ?Ces membres affaissés,‖ ce muet embarras,Pourquoi pleures-tu donc,‖ si tu ne l’aimes pas ?D’ailleurs, si tu dis vrai,‖ si c’est moi qu’il adore,Si c’est moi qu’aujourd’hui‖ son désir cherche encore,Moi, je ne l’aime pas ;‖ et peut-être demainDans l’ombre sous la sienne‖ aura frémi ta main.Espère, ô Souré-Ha !‖ J’ai fait un autre rêve.Écoute ! Dans la pourpre,‖ hier, près de la grève,Au milieu de soldats,‖ et leurs chefs à ses flancs,A son poing fort les traits‖ de quatre chevaux blancs,Rhamsès passait, debout‖ sur son char qui rayonne.Dans un flot de poussière‖ autour qui tourbillonne,Son front mâle brillait‖ sous la tiare d’or.Son regard souverain,‖ en un splendide essor,Sur la ville en rumeur‖ et sur son peuple immense,S’abaissait plein d’orgueil,‖ et pourtant de clémence ;Il rencontra le mien ;‖ ô mystère inconnu !Dans l’éclair à mon cœur‖ subitement venu,Je blêmis, et clouée‖ à ma place, passive,Je crus que s’avançait‖ dans la lumière viveQuelque fils de Rhéa,‖ quelque dieu tout puissant !En moi ce souvenir‖ est toujours renaissant.Le cortège passa ;‖ je l’admire sans cesse.Depuis lors, Souré-Ha,‖ je connais la tristesse.Ah ! Le beau sort serait‖ de réunir sur moiLa puissance et l’amour‖ de Rhamsès, le grand roi ;De régner sur celui‖ qui règne sur la terre ;De l’asservir lui-même‖ ainsi qu’un tributaire ;D’être reine et de voir‖ les peuples assemblésSe courber sous mon souffle‖ ainsi qu’un champ de blés ! »

III

Le fils d’Aménophis,‖ Rhamsès, que Phré protège,Las d’encens, a chassé‖ loin de lui son cortège,Et, sombre, vient s’asseoir‖ sur des gradins portésPar des captifs d’argent,‖ de bronze et d’or sculptés.Son œil terne s’emplit‖ d’indicibles détresses ;Sa barbe est inflexible‖ et pend en larges tresses.Comme dans le granit‖ ses traits semblent pétris.Impassible, il est là,‖ plus calme qu’Osiris.Il songe et l’on dirait,‖ à ses lèvres si pâles,Typhon, le dieu commis‖ aux vengeances fatales.Quelque puissant qu’il soit,‖ il a des jours mauvaisQui par tous ses vouloirs‖ assouvis lui sont faits.Il est frère des dieux,‖ maître des rois esclaves ;Son char lourd fait couler‖ du sang par chaudes laves ;Mais il arrive une heure‖ où les coupes en vainLui versent les cruels‖ projets avec le vin.Dans le néant il voit‖ déjà fondre sa gloire ;L’abîme est sans échos,‖ sans éclairs sa mémoire.Il ne peut sans répit‖ faire la guerre. Il a,Sur les plans colossaux‖ que l’orgueil assembla,Vingt peuples pour bâtir‖ son palais et sa tombe.Il fait du doigt un signe.‖ Alors un homme tombeDans la fosse où grommelle‖ un lion favori.Un jour, nul ne dit plus :‖ « Le roi Rhamsès a ri ! »Il ne sait inventer‖ de délices nouvelles,Et connaît les plaisirs‖ des femmes les plus belles ;Il émousse à la fin‖ dans leurs yeux ses yeux froids ;Il les détourne aussi‖ de tout, le roi des rois !Sur l’univers conquis‖ son char est la charrue ;L’humanité servile‖ à son trône se rue,Et contemple en tremblant‖ ses sourcils épiés ;La beauté, l’or, la myrrhe,‖ il les foule à ses pieds ;Il peut tout ; il s’ennuie,‖ et le monde le raille ;Il est homme, et plus frêle‖ ici-bas qu’une paille.Vimupht, le serviteur‖ qui veille à ses côtés,Et qui d’avance tient‖ ses ordres apprêtés,Fit un geste ; et l’eunuque‖ à la face glacéeFrappa trois fois des mains‖ devant le gynécée.Une porte aussitôt‖ sur les tapis moelleuxRoula sans bruit. Alors,‖ entre des brouillards bleus,Dans la salle envahie‖ avec un frais murmure,Comme des flancs ouverts‖ de la grenade mûreRuissellent à l’envi‖ la nacre et le carmin,Cent femmes, se pressant‖ par le même chemin,Parurent, foule agile‖ aux grâces ingénues.Toutes devant Rhamsès,‖ les unes demi-nues,Les autres le corps ceint‖ d’un voile transparent,Vinrent, selon le rite,‖ et leur âge, et leur rang,Molle ondulation‖ de poses provocantes,Écrin épanoui‖ de lèvres éloquentes,Chaîne adorable où tout‖ chaînon vaut un trésor.Et tout autour fumaient‖ les cassolettes d’or ;Et les désirs flottaient‖ dans l’air plein de spirales,Aux chants voluptueux‖ des harpes inégales ;Et les voix des castrats‖ au fond montaient en chœur.Mais le roi sur son trône‖ était un dieu sans cœur.Confuses, près de lui,‖ ses quatre favorites,Ta-Hé, Thméa, la blonde‖ aux mains toutes petites,Rhamel aux bras ambrés,‖ et Marphris aux grands yeux,S’assirent. Puis, le reste‖ en cercle harmonieuxSe groupa loin du maître‖ à la morte pensée,Chacune par le fouet‖ de l’eunuque cassée.Celui-ci de nouveau‖ frappa trois coups. AlorsS’élancèrent au rythme‖ où s’enfièvrent leurs corpsDes esclaves dansant‖ au son de la cithare,La molle ibérienne‖ et la svelte barbare,La jeune fille aux dents‖ si blanches, au cou noir,Qui sourit de passer‖ devant chaque miroir,Et la circassienne‖ indolente et massive,Et d’autres qui faisaient‖ dans leur gaîté lasciveReluire l’éclat nu‖ de leurs formes au jour,Ou sonner les anneaux‖ de leurs bras, tour à tour.Le roi dédaigna tout ;‖ jusqu’à la plus aimée,Jusqu’à Marphris, qui vint,‖ rieuse et parfumée,Lui tendre l’échiquier‖ qui sait vaincre l’ennui.Toutes sur un signal‖ s’éloignèrent de lui,Tête basse, et, frappant‖ ensemble leurs poitrines,Déchiraient sur leurs seins‖ gonflés les gazes fines,Pleuraient d’avoir perdu‖ la faveur du grand roi,Qui devant leurs beautés,‖ nul ne savait pourquoi,Y restait insensible,‖ et tel qu’un sphinx de pierre.Quand il fut seul, Rhamsès‖ releva sa paupièreEn regardant Vimupht,‖ qui, prosterné plus bas,Presque à genoux, lui dit :‖ « O roi ! Dans les combatsÉgal à Phré, le dieu‖ qui brûle solitaire ;Roi, très chéri d’Ammon,‖ tu domines la terre ;Commande à ton esclave !‖ Entendre est obéir !Si je manque à ton ordre,‖ il me faudra mourir.Roi, j’écoute. » — et Rhamsès‖ lui dit : « Avant une heure,Malgré tous ses refus‖ et son père qui pleure,Il me faut Samhisis,‖ la fille du savant ! »Alors il se leva,‖ puis sortit en rêvant.

IV

Au fond des corridors,‖ dans sa grave retraite,Memmaratkha toujours‖ se renferme. Il s’arrête,Comme en extase, auprès‖ d’un cippe déterré,Par les griffes du temps‖ monolithe échancré ;Puis, sur des papyrus‖ couverts d’hiéroglyphes,Approfondit leur sens‖ qui se cache aux pontifes,Médite un autre arcane,‖ héritage plus vieux,Ou déchiffre un par un‖ les cartouches des dieux.Aussi jaune que l’est‖ la peau d’une momie,Sous la lampe jamais‖ éteinte ! Unique amie !Son crâne large et ras‖ se plisse abondamment.Silencieux, perdu‖ dans son recueillement,Plein d’horreur, il épelle‖ un livre fatidiqueDans les rites anciens‖ qu’un prêtre mort indique,Et tous les jours de feu,‖ tous les soirs constellés,Il sonde avec Hermès‖ les siècles écoulés.Sa robe aux bords salis‖ serpente sur les dalles ;Et sur les bouts pointus‖ de ses larges sandalesUn nombre s’illumine‖ en traits mystérieux.Que le Nil, débordé‖ de son lit, furieux,Menace d’engloutir‖ Memphis sur son passage :Il n’aurait aucun pli‖ d’effroi sur le visage ;Sans entendre, sans voir,‖ sans un geste, il mourrait ;Car il cherche l’obscur‖ et terrible secret ;Car son regard perçant‖ plonge à travers le vide,Car son doigt décharné‖ qu’il promène est avideDe soulever enfin‖ le grand voile d’Isis.Il vit tout seul au sein‖ d’un rêve immense assis.Déjà l’ombre au dehors‖ croissait dans les savanes.C’était, loin des faubourgs,‖ l’heure où les caravanesVont replier la tente,‖ et sur les sables blancsReprendre le chemin‖ du désert, à pas lents.Quelqu’un entré sans bruit‖ souilla l’austère asileDu vieux mage, et lui dit :‖ « Sors du songe où s’exileTa vie ! Écoute-moi !‖ Lève ton corps penché !Et si dans quelque membre‖ un muscle moins séchéSous un reflet royal‖ peut tressaillir de joie,Sois content, car Rhamsès‖ est celui qui m’envoie !Le bien-aimé puissant‖ d’Ammon-Ra, le soutienDes cinq fils de Rhéa,‖ mon roi, comme le tien,Daigne, c’est un honneur‖ suprême pour ta race,Sur Samhisis, ta fille,‖ ouvrir les yeux par grâce.Demain dans son palais‖ en reine elle vivra,Et le peuple à ses pieds‖ ainsi l’adorera.Pour ton obéissance,‖ ô vieux prêtre ! Il te laisseSouré-Ha, car il prend‖ pitié de ta vieillesse,Et te donne en surplus‖ dans ces coffrets pesants,Pour le prix qu’il te doit,‖ ces précieux présents.Réponds ! » — Memmaratkha‖ laissa l’homme tout dire,Et sans qu’un poil frémît‖ sur son masque de cire,Lui dit : « Tu peux garder‖ aussi bien mes deux parts !Prends mes filles, et l’or‖ avec elles. Mais pars !Mais va-t’en ! Car la vie‖ est de courte durée,Car la science est longue‖ et cette heure est sacrée ! »L’envoyé disparut‖ sur-le-champ ; soucieux,Le mage avait repris‖ sa lutte avec les dieux.Vimupht entra bientôt‖ dans une salle étroite.Là, tout près du jet d’eau‖ qui bruit dans l’air moite,Les deux sœurs caressaient‖ leurs désirs opposés,Songeant, l’une au bonheur‖ modeste, aux longs baisersSur la grève, le soir,‖ et l’autre, à la paresseDu royal gynécée‖ où l’orgueil la caresse,Où chacune humilie‖ à son tour sa beautéDevant elle et lui paie‖ un tribut mérité.« Laquelle est Samhisis‖ de vous deux ? dit l’esclave ;Qu’en signe de bonheur,‖ trois fois elle se laveLe visage et les mains‖ dans une eau d’oasis !— Parle ! Que lui veux-tu ?‖ C’est moi ! Par l’œil d’Isis !N’étais-tu pas hier‖ près du roi, quand la fouleAffluait devant lui‖ comme une épaisse houle ?— Oui, femme ! Il a daigné‖ jeter les yeux sur toi.Triste, depuis hier‖ il t’aime ; et c’est pourquoiJe viens pour t’emmener.‖ Durci par la science,Memmaratkha, ton père,‖ avec insoucianceMe permet, si je veux,‖ de prendre aussi ta sœur,Car tout lien terrestre‖ est brisé dans son cœur.— Souré-Ha ! Tu l’entends !‖ La déesse elle-mêmeA pris soin d’exaucer‖ mon souhait. Rhamsès m’aime !Son messager vers moi,‖ sur un ordre pressant,Accourt, et je le suis,‖ et mon père y consent ! »Et la si triomphante‖ et folle jeune fille,Sans voir, en ses apprêts,‖ cette larme qui brilleAux yeux de Souré-Ha,‖ lui dit : « Dans ton amour,Dans ta simplicité‖ sois heureuse à ton tour !Puisque tu préférais‖ un bonheur qu’on ignore,Reste donc, et l’attends !‖ Vers le palais sonoreIsis me pousse ; adieu !‖ — va donc ! » dit Souré-Ha,Qui pensait : « Quant à moi,‖ ce jour décidera ! »

V

L’horizon au dieu Phré‖ rouvrait ses beaux portiques.Cependant par le Nil‖ qui court aux mers antiques,Sans peur de l’amphibie‖ au guet sous les roseaux,Un homme nage et fend‖ rapidement les eaux.A travers les lotus‖ de la berge il arriveEt touche aux bords. À peine‖ a-t-il franchi la rive,Que sur ses membres nus,‖ sur son torse bronzé,Les rayons du soleil‖ dans un air embraséAvaient bu l’eau du fleuve‖ et guéri la fatigue.Il est tout jeune et beau.‖ La nature prodigueLui donna plus : la force ;‖ et l’on voit la fiertéEnnoblir sa démarche‖ avec la volonté.Il sait droit devant lui‖ regarder un obstacle ;Il n’est pas de ceux-là‖ qui traînent en spectacleLa blessure d’un cœur‖ lâchement résigné ;Pour chérir un supplice‖ atroce, il n’est pas né.Il marchait au hasard,‖ solitaire, et très calme ;Comme un dieu méprisant‖ qui réserve sa palme,Jusqu’ici pour la femme‖ il n’avait qu’un dédain.Nul sourire n’usait‖ sa rigueur. Mais soudainIl a vu Samhisis paraître, et dans son âmeIl a senti l’éclair,‖ et le flot d’un cinnameÉpanoui l’emplir‖ de langueurs ; et l’espoirA fait son pas moins sûr‖ et son regard plus noir.Il déplie à la hâte‖ et sur son corps il jetteSes vêtements portés‖ hors de l’eau sur sa tête,Et s’élance, tout plein‖ d’une fièvre d’amour,Vers le seuil fortuné‖ qu’il revoit chaque jour.« C’est gémir trop longtemps,‖ pense-t-il, dans le doute ;Tout entière, à la fin,‖ j’ai vidé goutte à goutteLa coupe des poisons‖ que m’offre cette enfant.C’est assez supplier ;‖ l’amour me le défend. »Il entre. Souré-Ha,‖ les paupières baissées,Seule et triste, suivait‖ le cours de ses pensées ;Quand tout près retentit‖ le bruit d’un pas si cher,On eût pu voir pâlir‖ et frissonner sa chair.La nuit venait de près,‖ et des ombres voracesCouvraient les hauts plafonds,‖ les murs et les terrasses.Il était arrivé ;‖ mais un pressentimentLe retint sur le seuil,‖ anxieux. Un moment,Sans voix, il contempla‖ cette vierge isolée,Et qui pensait à lui,‖ sous sa peine accablée.Mais tout à Samhisis,‖ l’absente, il ne lut pasLe douloureux secret‖ de si proches combats.D’un seul mot il pouvait‖ en ces yeux faire luireUne flamme, en ces pleurs‖ rayonner un sourire.Mais il ne connaissait‖ qu’un nom, et qu’un souci :« Samhisis ? cria-t-il ;‖ n’est-elle plus ici ?Vous vous taise ! Parlez !‖ Dites-moi qu’elle est morte,Plutôt que pour un autre‖ elle ait franchi la porte !Je saurais me venger.‖ — Hélas ! dit Souré-Ha,Dont le si pur visage‖ à sa voix s’empourpra ;Rhamsès est plus qu’un homme,‖ et loin de tous il siège ;Et ses aïeux divins‖ le gardent de tout piège !— Voilà donc le bonheur‖ qu’elle préfère ! Hé quoi !Tous mes serments n’étaient,‖ pour la fille sans foi,Qu’un vain jeu, qu’un mensonge !‖ Au long récit des rêvesQue je faisais pour nous,‖ en ces heures trop brèves,A genoux à ses pieds,‖ et les yeux dans ses yeux,Peut-être songeait-elle‖ à ce sort glorieux !O honte ! Elle accepta‖ pour elle un rang infâme !C’est le fouet de l’eunuque‖ insolent et sans âmeQu’elle couru chercher‖ sans horreur, sans regretPour le crédule amant‖ qui vers elle accourait !— Peut-être existe-t-il‖ quelqu’une plus fidèle,Dont l’amour deviné‖ vous consolera d’elle. »Et pourpre, elle n’osa‖ lui dire un mot de plus.Le jeune homme, la voix‖ et les traits résolus :« Souré-Ha ! Je ne sais‖ si les autres oublient ;J’ignore si les cœurs‖ ici-bas se délient ;Mais moi, je ne veux pas‖ oublier, et je sensUne soif de vengeance‖ envahir tous mes sens ;La jalousie étreint‖ et brûle tout mon être ;Par Typhon ! Souré-Ha,‖ je le saurai peut-être,Si la mort peut aussi‖ délivrer de l’amour ! »Et, repassant le seuil,‖ il s’enfuit sans retour.Comme un ramier blessé‖ qui dans les airs tournoiePoursuivi par le bec‖ d’un sombre oiseau de proie,Souré-Ha mesurait‖ l’abîme de son sort.« Comme il l’aime ! Dit-elle.‖ Eh bien ! Mieux vaut la mort.C’est moi qu’il frappera ;‖ moi, qui mourrai, contenteSi c’est lui qui me tue,‖ en ses bras palpitante ! »La nuit dans le vieux Nil‖ baignait son pied charmant,Et, sereine, invitait‖ l’homme au recueillement.

VI

Rêves inassouvis‖ des amours impossibles,Rongerez-vous toujours‖ de vos dents invinciblesLe misérable fou‖ qui de vous s’est épris ?Quoi ! Parce qu’aux éveils‖ de la chair, et surprisPar les vagues chaleurs‖ montant d’une étincelle,Il but l’amer venin‖ qu’un azur faux recèle,Serpents mélodieux,‖ le mordrez-vous toujours ?Ne fuirez-vous jamais,‖ charmes de ses beaux jours ?Est-ce un crime d’aimer ?‖ C’est donc un culte impieQue l’amour ? Jusqu’à quand‖ faudra-t-il qu’on expieLes parfums qu’on brûla‖ sur l’ineffable autel ?Le songe des vingt ans‖ doit-il être immortel ?L’homme est né pour souffrir,‖ oublier et se taire ;C’est un homme, celui‖ qui dans la route austèreMarche vite à son but,‖ les deux bras en avant,Et ne se tourne pas‖ aux surprises du vent.Qu’importe l’horizon ?‖ Sans rappels en arrière,Le fort ne se résout‖ jamais à la prière.Que peut-il espérer,‖ celui qu’un souvenirÉtreint plus qu’un remords,‖ et qui ne peut bannirLe mirage infécond‖ de sa jeunesse vaine ;Qui lui-même resserre‖ autour de lui sa chaîne,Dans sa prison factice‖ est son propre geôlier,Et, n’osant pas mourir,‖ ne veut pas oublier ?Depuis trois jours et trois‖ mortelles nuits, farouche,Comme un fauve affamé‖ qui roule son œil louche,Thaéri frémissant‖ rôde autour du palaisOù Samhisis se mire‖ aux feux des bracelets.Prêt à frapper, dans l’ombre,‖ attentif, il épie.Depuis ces trois longs jours,‖ dans son secret tapie,Soué-Ha par des dons‖ a gagné la faveurDes gardiens, et gaîment‖ veille auprès de sa sœur.Mais peut-être bientôt‖ viendra l’heure indéciseOù doit partir le trait‖ que la vengeance aiguise,Car cette nuit Rhamsès‖ veut fêter Samhisis.Il est aux bords du Nil‖ une ronde oasis ;Et c’est là qu’il ira.‖ — Courage ! Voici l’heureOù l’âme se roidit‖ au fond du corps qui pleure.Regarde si ton arc,‖ jeune homme, est bien tendu ;Jeune fille, aguerris‖ ton regard éperdu !Depuis longtemps déjà‖ sous les dunes de sablePhré cachait le brasier‖ de son disque implacable.Déjà le fleuve au loin‖ reflétait mille feux ;Tout un peuple attendait‖ sur la grève, envieuxD’étaler son opprobre‖ en concerts d’allégresse.Le roi venait. Et belle‖ et savourant l’ivresse,Sous un dais fastueux,‖ par vingt femmes porté,Samhisis s’avançait‖ heureuse à son côté,Projetant ses lueurs‖ d’en haut sur une fouleQui lui semble un tapis‖ vivant que son pied foule.Aux hommages rendus‖ pour la première fois,Elle croyait, parmi‖ les parfums et les voix,Sentir comme un lotus‖ divin dans sa prunelle.Oh ! Ce soir, le passé, qu’il était mort en elle !Au milieu des flambeaux‖ et des astres, au bruitDu cortège pompeux‖ qui la guide et la suit,Qu’ils étaient loin, ses jours‖ de paix et d’innocence,Sous le toit paternel‖ qu’un jeune amour encense !Comme elle avait alors‖ oublié Thaéri !Souré-Ha, toujours prête‖ à retenir un cri,L’escortait, pâle, en proie‖ à sa muette angoisse,Et le sein soulevé‖ sous la main qui le froisse.Mais avec plus de hâte‖ aussi, sur le parcoursElle paraît chercher‖ quelqu’un aux alentours.Enfin, sorti de l’ombre,‖ un homme noir se dresseDerrière elle : « Ma tâche‖ est faite. Avec adresse,J’ai pu suivre celui‖ que tu m’as indiqué ;Là-bas, dans les roseaux,‖ il se tient embusqué,L’arc en main, à l’endroit‖ où le Nil fait un coude,Sur la digue à laquelle‖ une oasis se soude.— C’est bien ! dit Souré-Ha ;‖ tiens ! Prends vite, et t’enfuis ! »Il disparut d’un bond.‖ Le Nil flamboyait. PuisIl emporta bientôt‖ sur les canges royalesLe cortège et les chants‖ des lyres triomphales.« Que regardes-tu donc,‖ ma sœur, autour de toi ?Dit Samhisis. Je veux‖ que ce soir, près de moi,Chacune ait sa chanson‖ comme sa banderole.Tous tes désirs, dis-les.‖ N’as-tu pas ma parole ?Parle ! » — Alors, Souré-Ha :‖ « Si je te demandaisDe m’asseoir à ta place‖ un instant sous ton dais,Et d’essayer un peu‖ ta pose et ta parure ?J’en serais plus rieuse‖ après, je te le jure ! »Ce caprice jaloux‖ sut plaire à Samhisis.Comme la conque d’or‖ de la déesse Isis,La cange suit le fleuve‖ auguste en sa descente.Souré-Ha sous le dais‖ se tient, éblouissante ;Et tandis que son être‖ est brisé de douleurs,En s’efforçant de rire,‖ elle arrête les pleurs,Les derniers, que ramène‖ une pensée amère.Qu’elle était belle ainsi,‖ dans sa gloire éphémère !Belle comme l’étoile‖ au ciel tout constelléQui surgit et qui meurt‖ après avoir brillé !Mais près des joncs mêlant‖ sur les bords verts de l’îleLeurs rameaux plus touffus,‖ la barque vient, tranquille.Aussitôt Thaéri‖ s’est levé dans la nuit.Il croit voir Samhisis ;‖ — et la corde sans bruitSous ses doigts est tendue.‖ — Il demeure immobileUne seconde. Il vise‖ avec un art habile.Puis la corde a vibré…‖ ce ne fut qu’un soupir.L’âme de Souré-Ha‖ qui rêvait de partirS’envola. — Son beau corps‖ roulait dans le sillage.Ce soir, les caïmans‖ qui rôdaient sur la plageSe sont repus entre eux‖ dans un double festin,Car le flot ne rendit‖ nul cadavre au matin.

Versification

Forme
Sizains
Rimes
1{7(aabccb) 246((aa))}
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
6 sizains, 1 distique
Mots à la rime
a féconde / monde féminine, classiqueb cieux / dieux masculine, classiquec flamme / lame féminine, classiquea flamboie / n’aboie féminine, classiqueb carrés / sacrés masculine, classiquec portes / mortes féminine, classiquea brume / fume féminine, classiqueb éternel / ciel masculine, classiquec silhouette / tête féminine, classiquea trêve / s’élève féminine, classiqueb diamant / nettement masculine, classiquec colonnades / esplanades féminine, classiquea pyramides / timides féminine, classiqueb sereins / reins masculine, classiquec divine / fine féminine, classiquea posture / nature féminine, classiqueb front / n’interrompt masculine, classiquec pensées / passées féminine, classiquea énormes / formes féminine, classiqueb l’éternité / emporté masculine, classiquec fange / cange féminine, classiquea noie / joie féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea plaintive / furtive féminine, classiqueb reparaît / trait masculine, classiquea tremble / ensemble féminine, classiqueb vermeil / éveil masculine, classiquea nature / pure féminine, classiqueb douleurs / pleurs masculine, classiquea divine / poitrine féminine, classiqueb avidement / l’amant masculine, classiquea l’arabesque / fresque féminine, classiqueb délié / replié masculine, classiquea plante / étincelante féminine, classiqueb dur / d’azur masculine, classiquea tête / inquiète féminine, classiqueb soir / désespoir masculine, classiquea écrasée / rosée féminine, classiqueb instant / s’agitant masculine, classiquea errantes / vibrantes féminine, classiqueb sœur / torpeur masculine, classiquea Pardonne / bonne féminine, classiqueb font / profond masculine, classiquea folles / paroles féminine, classiqueb joyeux / yeux masculine, classiquea rêverie / attendrie féminine, classiqueb pleurait / secret masculine, classiquea l’âme / flamme féminine, classiqueb voix / fois masculine, classiquea poses / roses féminine, classiqueb s’asseoir / voir masculine, classiquea fidèle / d’elle féminine, classiqueb Thaéri / abri masculine, classiquea entière / derrière féminine, classiqueb curieux / yeux masculine, classiquea l’aimes / vous-mêmes féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquea confuse / ruse féminine, classiqueb aujourd’hui / lui masculine, classiquea appelle / rebelle féminine, classiqueb hier / fier masculine, classiquea voile / étoile féminine, classiqueb sacré / juré masculine, classiquea renie / L’insomnie féminine, classiqueb souvenir / venir masculine, classiquea l’attente / tente féminine, classiqueb Rhéa / créa masculine, classiquea trouble / redouble féminine, classiqueb embarras / pas masculine, classiquea adore / encore féminine, classiqueb demain / main masculine, classiquea rêve / grève féminine, classiqueb flancs / blancs masculine, classiquea rayonne / tourbillonne féminine, classiqueb d’or / essor masculine, classiquea immense / clémence féminine, classiqueb inconnu / venu masculine, classiquea passive / vive féminine, classiqueb puissant / renaissant masculine, classiquea cesse / tristesse féminine, classiqueb moi / roi masculine, classiquea terre / tributaire féminine, classiqueb assemblés / blés masculine, classiquea protège / cortège féminine, classiqueb portés / sculptés masculine, classiquea détresses / tresses féminine, classiqueb pétris / qu’Osiris masculine, classiquea pâles / fatales féminine, classiqueb mauvais / faits masculine, classiquea esclaves / laves féminine, classiqueb vain / vin masculine, classiquea gloire / mémoire féminine, classiqueb a / assembla masculine, classiquea tombe féminine, classiqueb favori / ri masculine, classiquea nouvelles / belles féminine, classiqueb froids / rois masculine, classiquea charrue / rue féminine, classiqueb épiés / pieds masculine, classiquea raille / paille féminine, classiqueb côtés / apprêtés masculine, classiquea glacée / gynécée féminine, classiqueb moelleux / bleus masculine, classiquea murmure / mûre féminine, classiqueb carmin / chemin masculine, classiquea ingénues / demi-nues féminine, classiqueb transparent / rang masculine, non classiquea provocantes / éloquentes féminine, classiqueb trésor / d’or masculine, classiquea spirales / inégales féminine, classiqueb chœur / cœur masculine, classiquea favorites / petites féminine, classiqueb yeux / harmonieux masculine, classiquea pensée / cassée féminine, classiqueb Alors / corps masculine, classiquea cithare / barbare féminine, classiqueb noir / miroir masculine, classiquea massive / lascive féminine, classiqueb jour / tour masculine, classiquea aimée / parfumée féminine, classiqueb l’ennui / lui masculine, classiquea poitrines / fines féminine, classiqueb roi / pourquoi masculine, classiquea pierre / paupière féminine, classiqueb bas / combats masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classiqueb obéir / mourir masculine, classiquea heure / pleure féminine, classiqueb savant / rêvant masculine, classiquea retraite / s’arrête féminine, classiqueb déterré / échancré masculine, classiquea d’hiéroglyphes / pontifes féminine, classiqueb vieux / dieux masculine, classiquea momie / amie féminine, classiqueb abondamment / recueillement masculine, classiquea fatidique / indique féminine, classiqueb constellés / écoulés masculine, classiquea dalles / sandales féminine, classiqueb mystérieux / furieux masculine, classiquea passage / visage féminine, classiqueb mourrait / secret masculine, classiquea vide / avide féminine, classiqueb d’Isis / assis masculine, classiquea savanes / caravanes féminine, classiqueb blancs / lents masculine, classiquea asile / s’exile féminine, classiqueb penché / séché masculine, classiquea joie / m’envoie féminine, classiqueb soutien / tien masculine, classiquea race / grâce féminine, classiqueb vivra / l’adorera masculine, classiquea laisse / vieillesse féminine, classiqueb pesants / présents masculine, classiquea dire / cire féminine, classiqueb parts / pars masculine, classiquea durée / sacrée féminine, classiqueb soucieux / dieux masculine, classiquea étroite / moite féminine, classiqueb opposés / baisers masculine, classiquea paresse / caresse féminine, classiqueb beauté / mérité masculine, classiquea l’esclave / lave féminine, classiqueb d’oasis / d’Isis masculine, classiquea foule / houle féminine, classiqueb toi / pourquoi masculine, classiquea science / insouciance féminine, classiqueb sœur / cœur masculine, classiquea elle-même / m’aime féminine, classiqueb pressant / consent masculine, classiquea fille / brille féminine, classiqueb amour / tour masculine, classiquea ignore / sonore féminine, classiqueb Souré-Ha / décidera masculine, classiquea portiques / antiques féminine, classiqueb roseaux / eaux masculine, classiquea arrive / rive féminine, classiqueb bronzé / embrasé masculine, classiquea fatigue / prodigue féminine, classiqueb fierté / volonté masculine, classiquea obstacle / spectacle féminine, classiqueb résigné / né masculine, classiquea calme / palme féminine, classiqueb dédain / soudain masculine, classiquea âme / cinname féminine, classiqueb l’espoir / noir masculine, classiquea jette / tête féminine, classiqueb d’amour / jour masculine, classiquea doute / goutte féminine, classiqueb enfant / défend masculine, classiquea baissées / pensées féminine, classiqueb cher / chair masculine, classiquea voraces / terrasses féminine, classiqueb pressentiment / moment masculine, classiquea isolée / accablée féminine, classiqueb pas / combats masculine, classiquea luire / sourire féminine, classiqueb souci / ici masculine, classiquea morte / porte féminine, classiqueb Souré-Ha / s’empourpra masculine, classiquea siège / piège féminine, classiqueb quoi / foi masculine, classiquea rêves / brèves féminine, classiqueb yeux / glorieux masculine, classiquea infâme / âme féminine, classiqueb regret / accourait masculine, classiqueb plus / résolus masculine, classiquea oublient / délient féminine, classiqueb sens masculine, classiquea être / peut-être féminine, classiqueb l’amour / retour masculine, classiquea tournoie / proie féminine, classiqueb sort / mort masculine, classiquea contente / palpitante féminine, classiqueb charmant / recueillement masculine, classiquea impossibles / invincibles féminine, classiqueb épris / surpris masculine, classiquea étincelle / recèle féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea impie / expie féminine, classiqueb autel / immortel masculine, classiquea taire / austère féminine, classiqueb avant / vent masculine, classiquea arrière / prière féminine, classiqueb souvenir / bannir masculine, classiquea vaine / chaîne féminine, classiqueb geôlier / oublier masculine, classiquea farouche / louche féminine, classiqueb palais / bracelets masculine, classiquea épie / tapie féminine, classiqueb faveur / sœur masculine, classiquea indécise / aiguise féminine, classiqueb Samhisis / oasis masculine, classiquea l’heure / pleure féminine, classiqueb tendu / éperdu masculine, classiquea sable / implacable féminine, classiqueb feux / envieux masculine, classiquea d’allégresse / l’ivresse féminine, classiqueb porté / côté masculine, classiquea foule féminine, classiqueb fois / voix masculine, classiquea prunelle / elle féminine, classiqueb bruit / suit masculine, classiquea d’innocence / encense féminine, classiqueb Thaéri / cri masculine, classiquea angoisse / froisse féminine, classiqueb parcours / alentours masculine, classiquea dresse / adresse féminine, classiqueb indiqué / embusqué masculine, classiquea coude / soude féminine, classiqueb t’enfuis / Puis masculine, classiquea royales / triomphales féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquea banderole / parole féminine, classiqueb demandais / dais masculine, classiquea parure / jure féminine, classiqueb Samhisis / Isis masculine, classiquea descente / éblouissante féminine, classiquea amère / éphémère féminine, classiqueb constellé / brillé masculine, classiquea l’île / tranquille féminine, classiqueb nuit / bruit masculine, classiquea immobile / habile féminine, classiqueb soupir / partir masculine, classiquea sillage / plage féminine, classiqueb festin / matin masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

534 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, tome I, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1925· numérisation poesies.net· Sources