Les Caresses d’Antan, 1896
Antonia
Non, je ne dirai pas‖ quelles soudaines fièvresSon cher regard allume en moi,Ni combien dans mon rêve‖ empli d’étrange émoiMes lèvres vont compter‖ des baisers sur ses lèvres !
Non, je ne dirai pas‖ quel est ce rêve fou !Elle me le défend…‖, à son vouloir je cède,Mais le rêve m’emporte,‖ il va je ne sais où….Dans un ciel idéal,‖ et, là, je la possède !
Mais quelle arrière joie !‖ et comme elle fait mal !Alors que descendu‖ de ce ciel idéal,Je me dis : — « Ce n’était qu’un songe ! »
Mon cœur pleure, se brise‖ et tout espoir en sort !Le rêve était divin ;‖ le réveil est mensonge,Et je goûte un bonheur‖ qui me donne la mort !
1889
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cdcd eef gfg
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 2 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a fièvres / lèvres féminine, classiqueb moi / émoi masculine, classiquec fou / où masculine, classiqued cède / possède féminine, classiquee mal / idéal masculine, classiquef songe / mensonge féminine, classiqueg sort / mort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses d’Antan, Paris, ALEXANDRE GAUTHERIN, ÉDITEUR, 1847 ‒ 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources