Les Caresses d’Antan, 1896
Maud
Elle a des poses de félin,Quand d’une tunique de lin,Elle habille ses formes souples ;
Du félin elle a les yeux clairs,Où parfois brillent des éclairs,Des éclairs qui passent par couples.
Pleine d’ineffables douceurs,Sa voix musicale a pour sœursCelle des oiseaux et des anges ;
Elle est comme un concert des cieux,Ou des couchants délicieux,Un gazouillement de mésanges.
La charmeresse ! — Elle nous prendTout notre cœur et nous le rend,Saignant d’une chère morsure !
Et l’on ne veut pas en guérir,Et l’on préférerait mourirQue de vivre sans sa blessure !
Et l’on brûlerait à ses piedsLes parfums des riches trépiedsQui fument aux sérails d’Asie ;
Et se prosternant, on voudraitBaiser la poudre ou marcheraitCette vertueuse Aspasie !
Car malgré son regard lascif,Et parfois chastement pensif,Qui prend tout l’être et le dévore,
Il faut la fuir et se garderDe loin, bien loin, la regarder…Et vers elle venir encore !
Mais à quoi bon fuir ?… la voilà !Le désir vous emporte !… Elle aL’œil de la colombe et du fauve ;
Le désir se change en respect,Et nous rêvons à son aspect,Du sanctuaire… et de l’alcôve !
1874
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 6[aa] 6[abba]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a félin / lin masculine, classiquea souples / couples féminine, classiqueb clairs / éclairs masculine, classiquea douceurs / sœurs masculine, classiquea anges / mésanges féminine, classiqueb cieux / délicieux masculine, classiquea prend / rend masculine, classiquea morsure / blessure féminine, classiqueb guérir / mourir masculine, classiquea pieds / trépieds masculine, classiquea d’Asie / Aspasie féminine, classiqueb voudrait / marcherait masculine, classiquea lascif / pensif masculine, classiquea dévore / encore féminine, classiqueb garder / regarder masculine, classiquea voilà / a masculine, classiquea fauve / l’alcôve féminine, classiqueb respect / aspect masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses d’Antan, Paris, ALEXANDRE GAUTHERIN, ÉDITEUR, 1847 ‒ 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources