Les Caresses d’Antan, 1896
Parenthèse
O cœurs inconstants que nous sommes !Pourquoi faut-il donc que les hommes,Avides de nouveaux plaisirs,Courent après ces beaux fantômesQue l’on appelle les désirs ?
Troupe toujours inassouvie,Vous nous faites sentir la vie,Monotone sans vos ardeurs ;Vous en composez une chaîneDont chaque anneau — plaisir ou peine,Couvert de chardons ou de fleurs,Tout insensiblement nous mène,Jusqu’au bord du sombre domaine,Où le rire s’éteint,‖ où se sèchent les pleurs !
Ainsi, l’objet de l’amour folle,Hier fleurissant mon chemin,De mon cœur aujourd’hui s’envole,Chassé par la nouvelle idole,Qu’une autre chassera demain !
Alors, pourquoi donc l’inconstance ?Puisqu’elle cause la souffranceDe l’objet, hélas, délaissé ?…Mais l’inconstance existe-t-elle ?Non ! C’est une phrase éternelle,Un mot vainement prononcé.Et, sans que jamais il s’endorme,L’amour est en nous chaque jour….Il se peut qu’il change de forme,Mais son crime n’est pas énorme,Au fond, il demeure l’Amour !
1862
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[aabab] 2[aa] 1[abbacca] 2[abaab] 1[abba]
- Mètre
- Octosyllabes surtout (29 de 8, 1 de 12)· profil 8, (6+6)
- Mots à la rime
- a sommes / hommes / fantômes féminine, classiqueb plaisirs / désirs masculine, classiquea inassouvie / vie féminine, équivalentea ardeurs / fleurs / pleurs masculine, classiqueb chaîne / peine féminine, classiquec mène / domaine féminine, classiquea folle / s’envole / idole féminine, classiqueb chemin / demain masculine, classiquea l’inconstance / souffrance féminine, classiquea délaissé / prononcé masculine, classiqueb existe-t-elle / éternelle féminine, classiquea s’endorme / forme / énorme féminine, classiqueb jour / l’Amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses d’Antan, Paris, ALEXANDRE GAUTHERIN, ÉDITEUR, 1847 ‒ 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources