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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Muse populaire, 1875· Muse populaire

Le chant des étudiants

1848

Pierre Dupont· 72 vers

Enfants des écoles de France,Gais volontaires du progrès,Suivons le peuple et sa science,Sifflons Malthus et ses arrêts.Éclairons les routes nouvellesQue le travail veut se frayer :Le socialisme a deux ailes, (Bis.)L’étudiant et l’ouvrier. (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

N’est-ce pas le travail qui donneCe qui nous fait étudier,Le pain, le livre monotone,Le vêtement et le foyer ?Que notre science jalouseNe se tienne point à l’écart ;Il bat plus d’un cœur sous la blouse (Bis.)Amoureux de science et d’art. (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

Avec les ouvriers, nos frères,Marchons bras dessus, bras dessous ;Laissons s’offusquer aux lumièresLes regards fauves des hiboux.Émancipons l’intelligenceDe ceux qui rêvent notre mort :Allemagne, Italie et France, (Bis.)Portons la clarté vers le Nord. (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

La polka, la pipe et la bièreNe consument plus nos loisirs ;Les petits bosquets de CythèreNe réveillent plus nos désirs.Nous avons pour maîtresse uniqueMinerve sous de nouveaux traits :C’est notre jeune République ; (Bis.)Vénus n’aura son tour qu’après. (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

Hélas ! à des traces sanglantesOn suit la révolution ;Les capitales pantelantesSe sont ouvertes au canon.De février l’étoile file ;Entendez les chevaux hennir !Un bruit se répand dans la ville : (Bis.)Les Cosaques vont revenir. (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

Hurrah ! jeunesse des écoles,A Vienne, à Berlin, à Paris,Partout lampions et farandolesFeraient sauter tout le pays :Tyrans et vieux abus, arrière !De Dieu nous sommes le flambeau ;Attilas qui portez la guerre, (Bis.)Vous n’en êtes que le fléau ! (Bis.)

Marchons, sans clairons ni cymbales,Aux conquêtes de l’avenir,Et montrons, s’il le faut, nos poitrines aux balles,Comme a fait Robert Blum (bis), le glorieux martyr !

72 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources