Enluminures, 1898· Heures
I. « Dormez-vous encor, paroissiens »
Dormez-vous encor, paroissiens,hier n’est plus, les anges causentdans leurs jardins de fleurs de roses,
et c’est matin villes en bleu,villes en blanc, villes en Dieu,avec les clochers au milieu
des maisons, des toits, des bâtisses,des chapelles et des égliseset des oiseaux, haut, plein les cieux.
Or, ici, et plus près la terre,voici oraisons et prières,et baptême, mauvais et bons ;
puis c’est le ciel vu de la mer,et les vaisseaux par le travers,et le soleil par le milieu,
et lors le monde à son grand vœu,et lors, au loin, toujours la mer,et puis, ici, sur les chemins,
mes bonnes villes familières,où chacun a joie de sa pierre,de sa maison et de ses saints.
Mais alors c’est vous tous les miens,et dormez-vous ? car le temps passeet le pêcheur est à ses nasses ;
mais alors c’est vous tous les miens,et dormez-vous ? car le temps vient ;or le boulanger cuit son pain,
et si sommeil vous est un bien,voici passé le temps de grâce ;dormez-vous encor, paroissiens ?
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Enluminures / paysages, heures, vies, chansons, grotesques, Bruxelles, Paul Lacomblez, Éditeur, 1898· numérisation poesies.net· Sources