Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Le Bourdeau des neuf pucelles, 1912· Polymnie Muse des Hymnes et des Chants en l’honneur des dieux, des héros et des nymphes.

En l’honneur de Priape

Charles-Théophile Feret· 17 quatrains, octosyllabes et tétrasyllabes, 68 vers

Olim truncus eram ficulnus.

Tronc de figuier, je t’ai fait dieu,Le dieu jardinier de CatulleAux membres grêles, mais HerculePar le milieu.

La Nymphe captive dans l’orme,Dont luit le dos parmi les fûts,Va presser dans ses bras touffusL’amant énorme.

L’abeille, abusée au carminDont j’ai peint ta tige charnue,Voudra de la fleur inconnueTenter l’hymen.

La fontaine, qui chante et pleureD’amour et de ramentevoir,Croira que, troublant son miroir,Un dieu la leurre.

Un espoir suspendra sa course ;Car Eros, jaloux de ses lis,Déçut, — amante et sœur, — BiblisChangée en source.

Mais tu verras, blanche Armada,Fuir les cygnes à belle proue ;Car, te mesurant, désavoueL’oiseau — Léda.

Voici, pour armer ton épaule,Selon que Maro m’enseigna,(Custos, cum falce salignâ)La faulx de saule.

Peut-elle effrayer les pinçons,Le freux, la pillarde alouette ?Et garder le clos du poèteDes maugarçons ?

Veille, frappe, t’efforce, sue.Ne me sois qu’un dieu paysan.Ce joujou des belles, fais-enUne massue.

Puisque ne trouble plus mes lymphesLe dieu sauvage, tiens-t’en là :De toi je n’implore point l’A--mitié des nymphes.

A ton autel nul chevrierDes bucoliques de SicileNe pousse le bouc indocile,Pour toi lié.

Qu’ait mené ce jeu l’immortelleBrigade, il ne sied à mon breuil.Et Colombes n’est point Hercueil,Ni moi Jodelle.

N’attends point qu’aux roses debout,— Qui furent peut-être des femmesAux Métamorphoses, — mes lamesCoupent le cou.

L’Ode t’a fleuri par jonchée ;Mais plus avare est mon jardinQue l’asclépiade latin,Que le trochée.

Assez j’honorerai ton frontGros comme une pomme reinette,Si je te fais une cornetteD’un liseron.

Mais dans mon bois la prima donneExalte en lyriques sanglots,Où revient le nom d’Itylos,La nuit d’automne.

La feuille a frémi, la voilà,Favete linguis ! Dieu champêtre,Cette grande voix c’est peut êtrePhilomela.

Versification

Forme
17 quatrains (quatrains)
Rimes
17(abba)
Mètre
Octosyllabes et tétrasyllabes (51 de 8, 17 de 4)· profil 8, 4
Strophes
17 quatrains
Mots à la rime
a dieu / milieu masculine, classiqueb Catulle / Hercule féminine, classiquea l’orme / énorme féminine, classiqueb fûts / touffus masculine, classiquea carmin / l’hymen masculine, classiqueb charnue / inconnue féminine, classiquea pleure / leurre féminine, classiqueb ramentevoir / miroir masculine, classiquea course / source féminine, classiqueb lis / Biblis masculine, classiquea Armada / Léda masculine, classiqueb proue / désavoue féminine, classiquea épaule / saule féminine, classiqueb m’enseigna / salignâ masculine, classiquea pinçons / maugarçons masculine, classiqueb alouette / poète féminine, classiquea sue / massue féminine, classiqueb paysan / fais-en masculine, classiquea lymphes / nymphes féminine, classiqueb là / l’A masculine, classiquea chevrier / lié masculine, non classiqueb Sicile / indocile féminine, classiquea l’immortelle / Jodelle féminine, classiqueb breuil / Hercueil masculine, classiquea debout / cou masculine, non classiqueb femmes / lames féminine, classiquea jonchée / trochée féminine, classiqueb jardin / latin masculine, classiquea front / liseron masculine, non classiqueb reinette / cornette féminine, classiquea donne / d’automne féminine, classiqueb sanglots / d’Itylos masculine, classiquea voilà / Philomela masculine, classiqueb champêtre / être féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.4

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

68 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Bourdeau des neuf pucelles, CAUDÉRAN-BORDEAUX, ÉDITIONS DES CAHIERS LITTÉRAIRES, 1923· numérisation Project Gutenberg· Sources