Le Bourdeau des neuf pucelles, 1912· Vers pour LES SERVANTES
Nuit de victoire
Du Vieux peintre avec son modèle
L’aurore s’étonnait‖ que ruisselle un crin fauvePrès de mon poil chenu‖ sur le même oreiller.Or, Vénus qui me tint‖ cette nuit éveilléAu quatorzième lustre‖ a fleuri mon front chauve.
Ma vigueur a goûté,‖ des défaillances sauve,Aprement cet amour,‖ peut être le dernier !J’ai bu le sang des dieux‖ sur un corps printanier.Qui sent la rose et fait‖ un verger de l’alcôve.
Penché sur l’or moussu‖ qui voile un antre frais,J’ai respiré l’automne‖ et les rouges forêts,Où de l’aubier vivant‖ s’étire la faunesse…
Ce n’est pas l’heure encor‖ qu’à mes tempes de dieuLe déclin menaçant‖ ma trop longue jeunesseEfface l’œillet pâle‖ et cette rose feu !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fauve / chauve féminine, classiqueb oreiller / éveillé masculine, non classiquea sauve / l’alcôve féminine, classiqueb dernier / printanier masculine, classiquec frais / forêts masculine, classiqued faunesse / jeunesse féminine, classiquee dieu / feu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Bourdeau des neuf pucelles, CAUDÉRAN-BORDEAUX, ÉDITIONS DES CAHIERS LITTÉRAIRES, 1923· numérisation Project Gutenberg· Sources