Mélodies poétiques, 1893· Mélancolies
Les cœurs
À MA MÈRE
Je pense que les cœurs‖ si généreux et doux,Qui chantaient et pleuraient‖ comme ceux qui demeurent,Dans le tombeau muet‖ songent toujours à nous,Et n’y meurent.
Oui, ces cœurs disparus‖ doivent être encor bons !…Dans le sein de la tombe,‖ où l’on croit qu’ils expirent,Ils doivent quelquefois‖ se rappeler des nomsQu’ils soupirent.
Car tous ces nobles cœurs‖ qu’on ose nous ravirEt qu’aux champs du repos‖ les durs fossoyeurs sèment,En eux ont conservé‖ des leurs le souvenirEt les aiment.
Lorsque nous en parlons,‖ les larmes dans les yeux,Les plaintes qu’on perçoit‖ au sein des vents qui grondent,Sont, sans doute, leurs voix,‖ oui, ce doivent être euxQui répondent.
Ah ! qu’on pense à ces cœurs‖ et que l’on prie aussi,Car si, comme aux cieux gris‖ les automnes se plaignent,Le soir, à notre oreille,‖ ils gémissent ainsi,C’est qu’ils saignent !…
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins et trisyllabes (15 de 12, 5 de 3)· profil 3, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a doux / nous masculine, classiqueb demeurent / meurent féminine, classiquea bons / noms masculine, classiqueb expirent / soupirent féminine, classiquea ravir / souvenir masculine, classiqueb sèment / aiment féminine, classiquea yeux / eux masculine, classiqueb grondent / répondent féminine, classiquea aussi / ainsi masculine, classiqueb plaignent / saignent féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Montréal, Pierre J. Bédard, Imprimeur-relieur, 1893· numérisation poesies.net· Sources