Friperies, 1907
Harsoir, que je Songeois
« L’invincible destin lui enchaîne les mains
la tenant prisonnière et tout ce qu’on propose
Sagement la Fortune autrement en dispose. »(Amours diverses de P. de Ronsard.)
Harsoir, que je songeois‖ près ma vitre nocturne,Je vy, sans vertugade‖ et sans n’en dessus soy,Une vierge chenue,‖ et que nul n’embrassoit.Pleurer en son miroër‖ son tétin taciturne.
— Las ! (fy-je) au plus gaillard‖ on descouvre un MinturneOu, dans les froids roseaux,‖ il s’éplore à requoy ;Las ! (fy-je) tout chaqu’un‖ est puceau d’un endroit ;Marche encor’ le pié nud,‖ qui resvoit le cothurne.
La Vie nous fiance‖ à nostre mauvais gré ;La moitié est désir,‖ l’autre moitié regret.Du temps qu’ont à blanchir‖ le chef et la moustache ;
Tel qui naist buscheron‖ grandit loin de l’essart ;Tel qui n’est point Hector‖ mignotte une Andromache ;Ceste eust valu Cassandre‖ et manqua d’un Ronsard.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a nocturne / taciturne féminine, classiqueb soy / n’embrassoit masculine, non classiquea Minturne / cothurne féminine, classiqueb requoy / endroit masculine, non classiquec gré / regret masculine, classiqued moustache / Andromache féminine, équivalentee l’essart / Ronsard masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 2.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Friperies, Paris, CHEZ EUGÈNE REY, LIBRAIRE, 1907· numérisation archive.org· Sources