Le Jardin des Îles claires, 1901· Cinq petits poèmes de la mer et du vent
IV. « Accoudé parmi les fleurs de la terrasse »
Accoudé parmi les fleurs de la terrasse,J’ai vu, ce soir, le ciel si lointain et si bleuQue les heures heureuses qui passent,L’une après l’autre, lourdes et lasses,N’ont creusé ni sillage de feuNi golfe frais dans l’archipel des étoiles.Nul fabuleux mirage ne dévoileLe trésor fatidique des plagesVespérales de mon rêve,Et nulle houle amoureuse ne soulèveLe navire de mes espoirsParti, les vents de fête en poupe, bien des soirs,Vers les conquêtes de la joie ;Qu’importe ? et nulle aile ne déploieEn plein azur son envergure claireJusqu’aux îles au fond des mersDont la splendeur au loin flamboie :Toute la vie est immobile…
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Jardin des Îles claires, Paris, Mercure de France, 1901· numérisation books.google.com· Sources