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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Le Géranium ovipare, 1935· Triolets en l’honneur de quelques romanciers vivants ou trépassés

III. Quelques prix goncourt

Georges Fourest· 112 vers

Qui concourt pour le prix Goncourtà l’académie où l’on dîne ?Malherbe vint par le plus court :qui concourt pour le prix Goncourt ?Châteaubriant lui-même accourt :(Atala ?> Non ! mais « de Lourdine » ! )Qui concourt pour le prix Goncourtà l’académie où l’on dîne ?

Mais à toi la langouste, ô Proust,Marcel Proust à toi la langouste !Dorgelés ? on va lui dire : « Oust ! »Mais à toi la langouste, ô Proust !Pour trouver une rime en roustj’irais bien jusqu’à Famagouste :mais à toi la langouste, ô Proust,Marcel Proust, à toi la langouste !

Il est badin, ce Benjaminqu’anti-sorbonagre on surnomme !Petit lutin ! petit gamin !Il est badin, ce Benjamin !Et comme il fait bien de chemin,le malin, son petit bonhomme !Il est badin, ce Benjaminqu’anti-sorbonagre on surnomme !

Le président prépondérant,ô Maran pour toi prépondère ;Chardonne laisse indifférentle président prépondérant.Siki du roman qu’il est grand,ce Maran sur son dromadaire !Le président prépondérant,ô Maran, pour toi prépondère.

Pérochon et non Perrichon :rabâchons ce nom jusqu’à Londre !Non pas « Perrichon » ! Pérochon !Pérochon et non Perrichon :Pour peu que la langue fourche onpourrait facilement confondre.Pérochon et non Perrichonrabâchons ce nom jusqu’à Londre !

Los à ton Obèse, ô Béraud,et los à messieurs Tharaud frères !Los à Béraud, los aux Tharaud !los à ton Obèse, ô Béraud !Clamez bien-haut ! clamez, héraut,le los de ces preux littéraires !Los à ton Obèse, ô Béraud,et los à messieurs Tharaud frères !

Lûtes-vous oncques Savignonqui chantait la pluie et ses filles ?Gens de Béthune et d’Avignon,lûtes-vous oncques Savignon ?Voyons, pédants porte-lorgnon,écoliers qui jouez aux billes,lûtes-vous oncques Savignonqui chantait la pluie et ses filles ?

J’aime ce doux nom de « Francis »pour accompagner « Miomandre ».Plus que Narcisse et que TircisJ’aime ce doux nom de « Francis ».Bien que féminin Salmacisest moins flou, moins rêveur moins tendre :j’aime ce doux nom de « Francis »pour accompagner Miomandre…

J’aperçois près de Marc ElderConstantin-Weyer, le cher homme !Prenons bien garde aux courants d’air :j’aperçois près de Marc Elder,venu du pays de l’eiderBedel tout fier de son Jérôme.J’aperçois près de Marc ElderConstantin-Weyer, le cher homme !

Marcel Arland, bon an mal anpond trois romans, ne vous déplaise.Trois romans, vlan ! c’est ton bilan,Marcel Arland, bon an mal an.Ah ! quel mirobolant brelan !Monsieur Cendrars en est tout… Blaise.Marcel Arland, bon an mal anpond trois romans ne vous déplaise.

C’est Jean Fayard qui triompha,l’an qui suivit mil neuf cent trente :En vain son concurrent bluffac’est Jean Fayard qui triompha !Chantons en sol chantons en fa,le front ceint d’ache et de centhrante :« C’est Jean Fayard qui triompha,« l’an qui suivit mil neuf cent trente ! »

Mazeline, l’auteur des Loups,chez les Dix a battu Céline.Je loue en dépit de FallouxMazeline, l’auteur des Loups.Très-doux et pas du tout jalouxCéline galamment s’incline :Mazeline, l’auteur des Loups,chez les Dix a battu Céline…

Il est bien d’autres Prix Goncourtmais hélas ! je n’ai pas la listesous la main : je m’arrête court,il est bien d’autres Prix Goncourt !Nul souvenir ne me secourt :c’est pourquoi mon âme est si triste !Il est bien d’autres Prix Goncourtmais hélas ! je n’ai pas la liste.

Ah ! du moins, n’oublions pas Nau,ne l’oublions pas, camarade !Ne donnons pas dans ce panneau :ah ! du moins n’oublions pas Nau !Mieux vaudrait rester en panne aumilieu d’une belle tirade :ah ! du moins, n’oublions pas Nau,ne l’oublions pas, camarade !

112 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Géranium ovipare, Paris, JOSÉ CORTI, 1935· numérisation wikisource.org· Sources