Les Inattentions et Sollicitudes, 1894
L’irrésolu
Oh ! tant de fois je suis entréDans des cafés du boulevardOù l’on parcourt d’un œil distraitLes IllustrésOu le journal‖ que dirige Monsieur Hébrard.
Et j’apercevais comme‖ en un lointain les longues filesDes bouteilles, les bouteilles des chers liquides.
Roseurs des roses guignolets,Et pâleur des absinthes vertes— C’est trop et cela déconcerte —Toutes me voulaient, m’appelaient ;
Yeux innombrables‖ fixés sur moi,Comment me sortir de ce doute :Moi, je les aurais voulues toutes,Sur qui donc arrêter mon choix ?
Toutes, toutes ! mais —‖ et mon hygiène ?Nulle pourtant à qui‖ j’ose causer des peines…
Alors, sans rien‖ entendre, sans rien voir,Je partais avec un long geste de désespoir,Sous l’œil courroucé de‖ la demoiselle du comptoir,
Qui range méthodiquementLes petits morceaux de sucre,Tout en computant le lucreDe l’établissement.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (11 de 8, 3 de 12, 2 de 7, 2 de 9, 2 de 14, 1 de 4, 1 de 6, 1 de 10, 1 de 13)· profil 8, 7, 6÷6, 6−8, 4÷5, (4+6), (4), (6), (13)
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Inattentions et Sollicitudes, Paris, L. VANIER, 1894· numérisation gallica.bnf.fr· Sources