Les Inattentions et Sollicitudes, 1894
La complainte de M. benoît
Dans sa coquette maison de campagne de Saint-Mandé,Monsieur Benoît, hier matin, s’est suicidé.
On peut dire que c’est joliment désagréable pour sa famille,Et il aurait peut-être aussi bien fait de se tenir tranquille.
Avec ça que c’est une fâcheuse existence que je prévois,(Dès lors) pour cette bonne‖ madame Benoît.
Cette pauvre mademoiselle Benoît est également bien à plaindreElle qui allait épouser un riche industriel de l’Indre.
Et le fils Benoît, un garçon si rangé et si travailleur !…Faut-il qu’il y ait des gens tout de même, qui a du malheur !…
Le plus dégoûtant, c’est que c’est encore un histoire de femmes :Monsieur Benoît était d’un naturel léger, mesdames…
N’empêche que toute la famille est allée à l’enterrement,Et il faut avouer qu’il leur était bien difficile de faire autrement.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 7(aa)
- Mètre
- Vers de 16 et 17 syllabes (5 de 16, 2 de 17, 1 de 12, 1 de 13, 1 de 14, 1 de 15, 1 de 18, 1 de 19, 1 de 20)· profil 16, 17, (6+6), (13), (14)
- Strophes
- 7 distiques
- Mots à la rime
- a Saint-Mandé / suicidé masculine, classiquea famille / tranquille féminine, classiquea prévois / Benoît masculine, non classiquea plaindre / l’Indre féminine, classiquea travailleur / malheur masculine, classiquea femmes / mesdames féminine, classiquea l’enterrement / autrement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Inattentions et Sollicitudes, Paris, L. VANIER, 1894· numérisation gallica.bnf.fr· Sources