Les poèmes dorés, 1873
La perdrix
Hélas ! celle qui, jeune‖ en la belle saison,Causa dans les blés verts‖ une ardente querelleEt suivit le vainqueur‖ ensanglanté pour elle,La compagne au bon cœur‖ qui bâtit la maison
Et nourrit les petits‖ aux jours de la moisson,Vois : les chiens ont forcé‖ sa retraite infidèle.C’est en vain qu’elle fuit‖ dans l’air à tire-d’aile,Le plomb fait dans sa chair‖ passer le grand frisson.
Son sang pur de couveuse‖ à la chaleur divineSur son corps déchiré‖ mouille sa plume fine.Elle tournoie et tombe‖ entre les joncs épais.
Dans les joncs, à l’abri‖ de l’épagneul qui flaire,Triste, s’enveloppant‖ de silence et de paix,Ayant fini d’aimer,‖ elle meurt sans colère.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a saison / maison masculine, classiqueb querelle / elle féminine, classiquea moisson / frisson masculine, classiqueb infidèle / tire-d’aile féminine, classiquec divine / fine féminine, classiqued épais / paix masculine, classiquee flaire / colère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les poèmes dorés, Paris, EDOUARD-JOSEPH, EDITEUR, 1920· numérisation poesie-francaise.fr· Sources