España, 1845· España
Le poëte et la foule
La plaine un jour disait‖ à la montagne oisive :— Rien ne vient sur ton front‖ des vents toujours battu !Au poëte, courbé‖ sur sa lyre pensive,La foule aussi disait :‖ — Rêveur, à quoi sers-tu ?
La montagne en courroux‖ répondit à la plaine :— C’est moi qui fais germer‖ les moissons sur ton sol ;Du midi dévorant‖ je tempère l’haleine,J’arrête dans les cieux‖ les nuages au vol !
Je pétris de mes doigts‖ la neige en avalanches,Dans mon creuset je fonds‖ les cristaux des glaciers,Et je verse, du bout‖ de mes mamelles blanches,En longs filets d’argent,‖ les fleuves nourriciers.
Le poëte, à son tour,‖ répondit à la foule :— Laissez mon pâle front‖ s’appuyer sur ma main.N’ai-je pas de mon flanc,‖ d’où mon âme s’écoule,Fait jaillir une source‖ où boit le genre humain ?
Sierra-Nevada.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a oisive / pensive féminine, classiqueb battu / sers-tu masculine, classiquea plaine / l’haleine féminine, classiqueb sol / vol masculine, classiquea avalanches / blanches féminine, classiqueb glaciers / nourriciers masculine, classiquea foule / s’écoule féminine, classiqueb main / humain masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources