La comédie de la mort, 1838
Le trou du serpent
Au long des murs,‖ quand le soleil y donne,Pour réchauffer‖ mon vieux sang engourdi ;Avec les chiens,‖ auprès du lazarrone,Je vais m’étendre‖ à l’heure de midi.
Je reste là‖ sans rêve et sans pensée,Comme un prodigue‖ à son dernier écu,Devant ma vie,‖ aux trois quarts dépensée,Déjà vieillard‖ et n’ayant pas vécu.
Je n’aime rien,‖ parce que rien ne m’aime,Mon âme usée‖ abandonne mon corps,Je porte en moi‖ le tombeau de moi-même,Et suis plus mort‖ que ne sont bien des morts.
Quand le soleil‖ s’est caché sous la nue,Devers mon trou,‖ je me traîne en rampant,Et jusqu’au fond‖ de ma peine inconnue,Je me retire‖ aussi froid qu’un serpent.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a donne / lazarrone féminine, classiqueb engourdi / midi masculine, classiquea pensée / dépensée féminine, classiqueb écu / vécu masculine, classiquea m’aime / moi-même féminine, classiqueb corps / morts masculine, classiquea nue / inconnue féminine, classiqueb rampant / serpent masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Comédie de la mort, Paris, DESESSART, ÉDITEUR, 1838· numérisation inlibroveritas.net· Sources