Poésies nouvelles, poésies inédites et poésies posthumes, 1872· Appendice
V. « Je sais un nid charmant et tendre »
Je sais un nid charmant et tendreOù niche l’oiseau bleu du cœur,L’oiseau dont nul ne peut entendreSans tressaillir, l’accent vainqueur ;
Nid plein de grâces sans pareilles,Qui, sous un rayon de gaieté,Scintillent comme des abeillesDans l’or des aurores d’été.
Formé de fleurs fraîches écloses,Œuvre admirable de l’amour,Des perles, des feuilles de roses,Dessinent son riant contour.
Écrins délicieux que doreLa jeunesse en traits éclatants ;D’où s’échappe, ailée et sonore,La vive chanson du printemps ;
D’où sort une divine haleine,Comme d’un calice vermeilQui livre aux souffles de la plaineSon sein tout baigné de soleil.
Nid séducteur où rit l’ivresse,Cachant ses secrètes ardeurs,Comme une coupe enchanteresseDont les bords sont voilés de fleurs.
Plus mignon qu’un nid d’oiseau-mouche,Plus frais qu’un cœur de rose-thé, —Ce nid ravissant… c’est ta bouche,Doux paradis de volupté,
Où les désirs, ramiers fidèles,Volent toujours inapaisés,Et vont provoquer à coups d’ailesL’essaim palpitant des baisers !
THÉOPHILE GAUTIER
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a tendre / entendre féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquea pareilles / abeilles féminine, classiqueb gaieté / d’été masculine, classiquea écloses / roses féminine, classiqueb l’amour / contour masculine, classiquea dore / sonore féminine, classiqueb éclatants / printemps masculine, classiquea haleine / plaine féminine, classiqueb vermeil / soleil masculine, classiquea l’ivresse / enchanteresse féminine, classiqueb ardeurs / fleurs masculine, classiquea d’oiseau-mouche / bouche féminine, classiqueb rose-thé / volupté masculine, classiquea fidèles / d’ailes féminine, classiqueb inapaisés / baisers masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources