Poésies nouvelles, poésies inédites et poésies posthumes, 1872
Le glas intérieur
Comme autrefois pâle et sereinJe vis, du moins on peut le croire,Car sous ma redingote noireJ’ai boutonné mon noir chagrin.Sans qu’un mot de mes lèvres sorte,Ma peine en moi pleure tout bas ;Et toujours sonne comme un glasCette phrase : Ta mère est morte !
Au bois de Boulogne on me voit,Comme un dandy que rien n’occupe,Suivre à cheval un pli de jupeSous l’ombre du sentier étroit.Même quand le galop m’emporte,Ma peine vole sur mes pas,Et toujours sonne comme un glasCette phrase : Ta mère est morte !
A l’Opéra, comme autrefois,Je tiens au bout de ma lorgnetteLa Carlotta qui pirouetteOu Duprez qui poursuit sa voix.A la musique douce ou forteMa peine mêle son hélas !Et toujours sonne comme un glasCette phrase : Ta mère est morte !
1848.
Versification
- Forme
- 3 huitains (huitains)
- Rimes
- 3(abbacddc)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 3 huitains
- Mots à la rime
- a serein / chagrin masculine, classiqueb croire / noire féminine, classiquec sorte / morte féminine, classiqued bas / glas masculine, classiquea voit / étroit masculine, classiqueb n’occupe / jupe féminine, classiquec m’emporte / morte féminine, classiqued pas / glas masculine, classiquea autrefois / voix masculine, classiqueb lorgnette / pirouette féminine, classiquec forte / morte féminine, classiqued hélas / glas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources