Poésies nouvelles, poésies inédites et poésies posthumes, 1872
Sonnet
Parfois une Vénus,‖ de notre sol barbare,Fait jaillir son beau corps‖ des siècles respecté,Pur, comme s’il sortait,‖ dans sa jeune beauté,De vos veines de neige,‖ ô Paros, ô Carrare !
Parfois, quand le feuillage‖ à propos se sépare,Dans la source des bois‖ luit un dos argenté ;De sa blancheur subite‖ une divinitéDroite et nue, éblouit‖ le chasseur qui s’égare.
A Stamboul la jalouse,‖ un voile bien ferméParfois s’ouvre, et trahit‖ sous l’ombre diaphaneLa cadine aux longs yeux‖ que brunit le surmé.
Mais toi, le même soir,‖ sur ton lit parfumé,Tu m’as fait voir Vénus,‖ Zoraïde et Diane,Corps de déesse grecque,‖ à tête de sultane !
1850.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc cdd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a barbare / Carrare féminine, classiqueb respecté / beauté masculine, classiquea sépare / s’égare féminine, classiqueb argenté / divinité masculine, classiquec fermé / surmé / parfumé masculine, classiqued diaphane / Diane / sultane féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources