Poésies, 1833
A mon ami auguste m***
For yonder faithless phantom flie
To lure thee to thy doom.Goldsmith.
Par une nuit d’été,‖ quand le ciel est d’azur,Souvent un feu follet‖ sort du marais impur ;Le passant qui le voit‖ le prend pour la lumièreQui scintille aux carreaux‖ lointains d’une chaumière ;Vers le fanal perfide‖ il s’avance à grands pas,Tout joyeux ; et bientôt,‖ ne s’apercevant pasQu’un abîme est ouvert‖ à ses pieds, il y tombe,Et son corps reste là‖ sans prière et sans tombe.Aux lieux où fut Gomorrhe‖ autrefois, et que DieuEn courroux inonda‖ d’un déluge de feu,Sur la grève brûlée,‖ asile frais et sombre,Des orangers touffus‖ s’élèvent en grand nombre,Chargés de fruits riants‖ dont la tunique d’orNe livre que poussière‖ à la dent qui les mord :Dans ma pensée, ami,‖ je trouve qu’une femmeQui sous de beaux semblants‖ cache une vilaine âme,Pour ceux que sa beauté‖ décevante a séduits,Pareille au feu follet,‖ l’est encore à ces fruits.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a d’azur / impur masculine, classiqueb lumière / chaumière féminine, classiquea pas masculine, classiqueb tombe féminine, classiquea Dieu / feu masculine, classiqueb sombre / nombre féminine, classiquea d’or / mord masculine, non classiqueb femme / âme féminine, classiquea séduits / fruits masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources