Poésies, 1833
Élégie Iii
Soccoreys ojos con aqua que el coraçon
La demanda.Chanson espagnole.
Elle est morte pour moi,‖ dans la tombe glacéeComme si le trépas‖ l’avait déjà placée ;Elle vit cependant,‖ ange exilé des cieux,Vrai rêve de poëte,‖ étrange et gracieux ;C’est bien elle toujours,‖ elle que j’ai connueAu sortir de l’enfance,‖ à quinze ans, ingénue,Folâtre, insouciante,‖ ignorant sa beauté,S’ignorant elle-même,‖ et jetant de côté,De peur qu’une pensée‖ amère ne s’éveille,Souci du lendemain,‖ souvenir de la veille.Mais je ne verrai plus‖ ses grands yeux expressifsVers les miens s’élever‖ et s’abaisser pensifs !…Mais je ne pourrai plus,‖ sous la croisée, entendreDe sa voix douce au cœur‖ le son léger et tendreS’échapper de sa lèvre,‖ ainsi qu’un chant divinD’une harpe magique.‖ Hélas ! et c’est en vainQu’en longs transports d’amour,‖ en vifs élans de flamme,J’ai dépensé pour elle‖ et mes jours et mon âme !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a glacée / placée féminine, classiqueb cieux / gracieux masculine, classiquea connue / ingénue féminine, classiqueb beauté / côté masculine, classiquea s’éveille / veille féminine, classiqueb expressifs / pensifs masculine, classiquea entendre / tendre féminine, classiqueb divin / vain masculine, classiquea flamme / âme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources