Poésies, 1833
La jeune fille
La vierge est un ange d’amour.A. Guiraud.
Brune à la taille svelte,‖ aux grands yeux noirs, brillants,A la lèvre rieuse,‖ aux gestes sémillants ;Blonde aux yeux bleus rêveurs,‖ à la peau rose et blanche,La jeune fille plaît :‖ ou réservée ou franche,Mélancolique ou gaie,‖ il n’importe ; le donDe charmer est le sien,‖ autant par l’abandonQue par la retenue ;‖ en Occident, Sylphide,En Orient, Péri,‖ vertueuse, perfide,Sous l’arcade moresque‖ en face d’un ciel bleu,Sous l’ogive gothique‖ assise auprès du feu,Ou qui chante, ou qui file,‖ elle plaît ; nos penséesEt nos heures, pourtant‖ si vite dépensées,Sont pour elle. Jamais,‖ imprégné de fraîcheur,Sur nos yeux endormis‖ un rêve de bonheurNe passe fugitif,‖ comme l’ombre du cygneSur le miroir des lacs,‖ qu’elle n’en soit ; d’un signeNous appelant vers elle,‖ et murmurant des motsMagiques, dont un seul‖ enchante tous nos maux.Éveillés, sa gaîté‖ dissipe nos alarmes,Et, lorsque la douleur‖ nous arrache des larmes,Son baiser à l’instant‖ les tarit dans nos yeux.La jeune fille ! — elle est‖ un souvenir des cieux,Au tissu de la vie‖ une fleur d’or brodée,Un rayon de soleil‖ qui sourit dans l’ondée !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a brillants / sémillants masculine, classiqueb blanche / franche féminine, classiquea don / l’abandon masculine, classiqueb Sylphide / perfide féminine, classiquea bleu / feu masculine, classiqueb pensées / dépensées féminine, classiquea fraîcheur / bonheur masculine, classiqueb cygne / signe féminine, classiquea mots / maux masculine, classiqueb alarmes / larmes féminine, classiquea yeux / cieux masculine, classiqueb brodée / l’ondée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources