Poésies, 1833
Les deux ages
La petite fille est devenue jeune fille.Victor Hugo.
Ce n’était, l’an passé,‖ qu’une enfant blanche et blondeDont l’œil bleu, transparent‖ et calme comme l’ondeDu lac qui réfléchit‖ le ciel riant d’été,N’exprimait que bonheur‖ et naïve gaîté.
Que j’aimais dans le parc‖ la voir sur la pelouseParmi ses jeunes sœurs‖ courir, voler, jalouseD’arriver la première !‖ Avec grâce les ventsBerçaient de ses cheveux‖ les longs anneaux mouvants ;Son écharpe d’azur‖ se jouait autour d’ellePar la course agitée,‖ et, souvent infidèle,Trahissait une épaule‖ aux contours gracieux,Un sein déjà gonflé,‖ trésor mystérieux,Un col éblouissant‖ de fraîcheur, dont l’albâtreSous la peau laisse voir‖ une veine bleuâtre,— Dans son petit jardin‖ que j’aimais à la voirA grand’peine portant‖ un léger arrosoir,Distribuer en pluie,‖ à ses fleurs desséchéesPar la chaleur du jour,‖ et vers le sol penchées,Une eau douce et limpide ;‖ à ses oiseaux ravis,Des tiges de plantain,‖ des grains de chènevis !…
C’est une jeune fille‖ à présent blanche et blonde,La même ; mais l’œil bleu,‖ jadis pur comme l’ondeDu lac qui réfléchit‖ le ciel riant d’été,N’exprime plus bonheur‖ et naïve gaîté.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 distique
- Mots à la rime
- a blonde / l’onde féminine, classiqueb d’été / gaîté masculine, classiquea pelouse / jalouse féminine, classiqueb vents / mouvants masculine, classiquea d’elle / infidèle féminine, classiqueb gracieux / mystérieux masculine, classiquea l’albâtre / bleuâtre féminine, classiqueb voir / arrosoir masculine, classiquea desséchées / penchées féminine, classiqueb ravis / chènevis masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources