L’Âme nue, 1885· I La vie extérieure Les lois — les cultes — les formes· Les formes
Archipel
À CHARLES GIRON
Dans la clarté diffuse‖ et blonde, une buéePalpite encor sur l’onde‖ à peine remuée :La mer blonde s’étale‖ et monte aux horizons :Un calme virginal‖ endort la baie immense,Et l’air ne sait où l’eau‖ finit, où l’eau commence,Tant les eaux et les airs‖ unissent leurs frissons.
Le ciel court sur la mer,‖ se déroule, s’allonge,Continuant la mer‖ qui tremble et qui se plongeDans les frémissements‖ du ciel ; et l’on dirait,Vibrant à l’infini‖ sous la brise qui passe,Un drapeau de rayons‖ déployé dans l’espace,Sur les lances de feu‖ du matin qui paraît.
Puis, suspendu dans les‖ glissantes perspectives,Entre les brumes d’or‖ et les vagues nativesL’archipel, étageant‖ ses rocs et ses îlots,Fuit, large ; et jusqu’au loin,‖ les fins rubans des dunesSe pressent comme un vol‖ d’aigles aux ailes brunesQui planent lourdement‖ sur le sommeil des flots.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a buée / remuée féminine, classiqueb horizons / frissons masculine, classiquec immense / commence féminine, classiquea s’allonge / plonge féminine, classiqueb dirait / paraît masculine, classiquec passe / l’espace féminine, classiquea perspectives / natives féminine, classiqueb îlots / flots masculine, classiquec dunes / brunes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources