L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
Cri du coq
À ÉMILE MICHELET
La brume s’épaissit.‖ Par minute, une goutte,Lourde, tombe des toits‖ et claque sur les rocs.Un vague rayon blanc‖ luit sur le fer des socs ;L’ombre rêve, immobile,‖ et le silence écoute.
Soudain, vif, poignardant‖ le ciel, trouant la voûte,Un coq lance son cri‖ d’acier : le cri des coqsRépond, sonne et ressaute‖ au loin de chocs en chocs.« Je ne dors pas ! » La nuit‖ vibre et frissonne toute.
— Oubli, soir du malheur !‖ L’âme va s’assoupir…Mais qu’un chagrin nouveau‖ nous arrache un soupir,Un seul, toute la vie‖ en pleurs s’éveille et tremble !
Et l’on entend, du fond‖ des vieux passés, là-bas,Stridentes, tour à tour,‖ sans fin, sans nombre, ensemble,Les lointaines douleurs‖ crier : « Je ne dors pas ! »
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a goutte / écoute féminine, classiqueb rocs / socs masculine, classiquea voûte / toute féminine, classiqueb coqs / chocs masculine, classiquec s’assoupir / soupir masculine, classiqued tremble / ensemble féminine, classiquee là-bas / pas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources