L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
L’introuvable
À STANISLAS DE GUAITA
Je cherche l’introuvable‖ et la suprême Amie,Chants et cœur de Sirène,‖ âme et chants de Lamie,La chère, la très chère‖ hypocrite aux yeux doux :Elle aime les fleurs d’or,‖ l’éclat des faux bijoux,Et les fards qui la font‖ plus blanche que l’albâtre ;Elle aime l’artifice‖ imagé du théâtre,Et préfère au soleil‖ la clarté des flambeaux ;Le miracle l’attire,‖ elle a peur des tombeaux ;Triste parfois, lascive‖ et chaste tout ensemble,Elle m’endort : l’odeur‖ de son baiser ressemble
Au poison des lotus‖ que la lune fleurit ;L’unique perfidie‖ habite son esprit :Son geste est une embûche‖ et sa caresse un piège ;Son rire est feint, sa voix‖ parjure et sacrilège ;Chacun de ses regards‖ est une trahison.
Mais c’est elle qui doit‖ consoler ma raison,Car ma foi se réserve‖ à l’Amie éternelleQui mentira si bien‖ qu’on pourra croire en elle.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 distiques
- Mots à la rime
- a Amie / Lamie féminine, classiqueb doux / bijoux masculine, classiquea l’albâtre / théâtre féminine, classiqueb flambeaux / tombeaux masculine, classiquea ensemble / ressemble féminine, classiqueb fleurit / esprit masculine, classiquea piège / sacrilège féminine, classiqueb trahison / raison masculine, classiquea éternelle / elle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources