L’Âme nue, 1885· I La vie extérieure Les lois — les cultes — les formes· Les cultes
Le cloître
À MADEMOISELLE ANY. M.
Un crucifix de fer‖ tend ses bras sur le seuil.De larges remparts gris‖ ceignent le cloître austère,Où viennent se briser‖ tous les bruits de la terre,Comme des flots mourants‖ aux angles d’un écueil.
Le saint lieu, clos à tout,‖ gît comme un grand cercueil,Plein de silence, plein‖ d’oubli, plein de mystère.Des vierges dorment là‖ leur sommeil volontaire,Et sous le voile blanc‖ portent leur propre deuil.
Tous les ressorts humains‖ se sont rompus en elles.Dans l’éblouissement‖ des choses éternelles,Elles marchent sans voir,‖ hors du Temps, hors du Lieu.
Elles vont, spectres froids,‖ corps dont l’âme est ravie,Êtres inexistants‖ qui s’abîment en Dieu,Vivantes dans la mort,‖ et mortes dans la vie.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a seuil / écueil masculine, classiqueb austère / terre féminine, classiquea cercueil / deuil masculine, classiqueb mystère / volontaire féminine, classiquec elles / éternelles féminine, classiqued Lieu / Dieu masculine, classiquee ravie / vie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources