L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
Le nénuphar
À LUIGI LOIR
L’air s’embrume : les joncs,‖ roux comme de vieux os,Encadrent l’étang noir‖ qui dort sous le silence.L’eau plate luit dans une‖ opaque somnolenceOù le ciel renversé‖ fait glisser des oiseaux.
Et là-bas, loin des bords‖ gluants, loin des roseaux,Seul, bercé dans sa fière‖ et souple nonchalance,Un Nénuphar, splendeur‖ nageante, se balance,Tout blanc sur la noirceur‖ immobile des eaux.
— Ainsi, tu t’ouvriras‖ peut-être, un soir d’automne,Ô mon suprême amour,‖ espoir d’un cœur atone,Fleur triste et froide éclose‖ au lac de mes ennuis.
Et le chaste parfum‖ de ta corolle pâleMontera dans le calme‖ insondable des nuits,Avec le dernier cri‖ de ma douleur qui râle.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a os / oiseaux masculine, classiqueb silence / somnolence féminine, classiquec roseaux / eaux masculine, classiqued nonchalance / balance féminine, classiquee d’automne / atone féminine, classiquef ennuis / nuits masculine, classiqueg pâle / râle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources