L’Âme nue, 1885· I La vie extérieure Les lois — les cultes — les formes· Les formes
Les faibles
À JOSEPH BERTHO
Je n’ai d’amour au cœur‖ que pour ceux qu’on torture,Les tout petits enfants‖ de l’immense natureQui vivent dans l’ennui,‖ la tristesse ou l’effroi ;Ceux qui n’ont pas de nid,‖ le soir, quand il fait froid,Qui tremblent dans le vent‖ et gîtent sous la neige ;Les faibles, ceux qu’on tue‖ et que nul ne protègeEt dont le bon soleil‖ lui-même est ennemi ;Qui n’ont que la douceur‖ d’avoir un peu dormiLorsqu’il faut s’éveiller‖ encor pour vivre, et vivre…Aussi, lorsque l’hiver‖ met des robes de givreSur les troncs d’arbres noirs‖ et les brins d’herbe roux,Je rêve d’être un dieu‖ paternel, grave et doux,Qui pourrait, en faisant‖ refleurir les pervenches,Être aimé des oiseaux‖ qui glissent sous les branches.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 7((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a torture / nature féminine, classiqueb l’effroi / froid masculine, non classiquea neige / protège féminine, classiqueb ennemi / dormi masculine, classiquea vivre / givre féminine, classiqueb roux / doux masculine, classiquea pervenches / branches féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources