L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· L’aube
Romance
— Je t’aime ; et l’on a ri‖ d’entendre nos sanglots :Mais ainsi qu’un lotus‖ descend sur l’eau qui coule,Je suivrai mon destin,‖ le cœur et les yeux clos.
Si tu m’aimes un peu,‖ que m’importe la foule ?
— Je t’aime ; et j’ai perdu‖ ton sourire et ta voix :Mais comme des parfums‖ vers un dieu qu’on encense,J’élève mes regards‖ aux astres que tu vois.
Si tu m’aimes toujours,‖ que m’importe l’absence ?
— Je t’aime ; et mon amour‖ a su beaucoup souffrir :Puis, un autre viendra,‖ vous me serez ravie,Mais j’en souffrirai tant‖ que j’espère en mourir.
Si vous ne m’aimez plus,‖ que m’importe la vie ?
— Je t’aime ; et quand j’irai,‖ près de ceux qui sont morts,M’endormir dans la nuit‖ sans fin où tout retombe,Qu’on jette où l’on voudra‖ les restes de mon corps !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sanglots / clos masculine, classiqueb coule / foule féminine, classiquea voix / vois masculine, classiqueb encense / l’absence féminine, classiquea souffrir / mourir masculine, classiqueb ravie / vie féminine, classiquea morts / corps masculine, classiqueb retombe / tombe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources