L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· L’aube
Romance
À ANDRÉ HALARY
« Et j’ai trop vu d’oubli pour croire au souvenir. »Joseph BERTHO.
Quand l’orage gronde et s’irrite,Comme elle court, l’eau du ruisseau !— Mais ce qui passe encor plus vite,C’est un oiseau.
Vers le nid où l’amour s’abrite,Comme il vole, comme il fend l’air !— Mais ce qui passe encor plus vite,C’est un éclair.
Il luit, tonne, et se précipite :On le voit, sans le voir venir.— Mais il passe encore plus vite,Le souvenir !
Il existe, au pays du Scythe,Un arbre qui croît en un jour.— Mais ce qui vient encor plus vite,C’est un amour.
Tout à coup notre cœur palpite ;Le sourire se mêle au pleur.— Mais ce qui vient encor plus vite.C’est un malheur.
On vivait : terrible et subite,La mort a soufflé le flambeau !— Mais l’herbe vient encor plus viteSur un tombeau.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (18 de 8, 6 de 4)· profil 8, 4
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a s’irrite / vite féminine, classiqueb ruisseau / oiseau masculine, classiquea s’abrite / vite féminine, classiqueb l’air / éclair masculine, classiquea précipite / vite féminine, classiqueb venir / souvenir masculine, classiquea Scythe / vite féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquea palpite / vite féminine, classiqueb pleur / malheur masculine, classiquea subite / vite féminine, classiqueb flambeau / tombeau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources