Les Trophées, 1893· Le Moyen âge et la Renaissance
L’Épée
Crois-moi, pieux enfant,‖ suis l’antique chemin.L’épée aux quillons droits‖ d’où part la branche torse,Au poing d’un gentilhomme‖ ardent et plein de forceEst un faix plus léger‖ qu’un rituel romain.
Prends-la. L’Hercule d’or‖ qui tiédit dans ta main,Aux doigts de tes aïeux‖ ayant poli son torse,Gonfle plus fièrement,‖ sous la splendide écorce,Les beaux muscles de fer‖ de son corps surhumain.
Brandis-la ! L’acier souple‖ en bouquets d’étincellesPétille. Elle est solide,‖ et sa lame est de cellesQui font courir au cœur‖ un orgueilleux frisson ;
Car elle porte au creux‖ de sa brillante gorge,Comme une noble Dame‖ un joyau, le poinçonDe Julian del Rey,‖ le prince de la forge.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a chemin / romain masculine, classiqueb torse / force féminine, classiquea main / surhumain masculine, classiqueb torse / écorce féminine, classiquec d’étincelles / celles féminine, classiqued frisson / poinçon masculine, classiquee gorge / forge féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Trophées, Paris, Poésie/Gallimard, 1981· numérisation lyres.chez.com· Sources