Les Trophées, 1893· La Nature et le Rêve· La Mer de Bretagne
Mer montante
Le soleil semble un phare‖ à feux fixes et blancs.Du Raz jusqu’à Penmarcʼh‖ la côte entière fume,Et seuls, contre le vent‖ qui rebrousse leur plume,À travers la tempête‖ errent les goëlands.
L’une après l’autre, avec‖ de furieux élans,Les lames glauques sous‖ leur crinière d’écume,Dans un tonnerre sourd‖ s’éparpillant en brumeEmpanachent au loin‖ les récifs ruisselants.
Et j’ai laissé courir‖ le flot de ma pensée,Rêves, espoirs, regrets‖ de force dépensée,Sans qu’il en reste rien‖ qu’un souvenir amer.
L’océan m’a parlé‖ d’une voix fraternelle,Car la même clameur‖ que pousse encor la merMonte de l’homme aux Dieux,‖ vainement éternelle.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a blancs / goëlands masculine, classiqueb fume / plume féminine, classiquea élans / ruisselants masculine, classiqueb d’écume / brume féminine, classiquec pensée / dépensée féminine, classiqued amer / mer masculine, classiquee fraternelle / éternelle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Trophées, Paris, Poésie/Gallimard, 1981· numérisation lyres.chez.com· Sources