Les Trophées, 1893· La Grèce et la Sicile· Hercule et les Centaures
Nessus
Du temps que je vivais‖ à mes frères pareilEt comme eux ignorant‖ d’un sort meilleur ou pire,Les monts Thessaliens‖ étaient mon vague empireEt leurs torrents glacés‖ lavaient mon poil vermeil.
Tel j’ai grandi, beau, libre,‖ heureux, sous le soleil ;Seule, éparse dans l’air‖ que ma narine aspire,La chaleureuse odeur‖ des cavales d’ÉpireInquiétait parfois‖ ma course ou mon sommeil.
Mais depuis que j’ai vu‖ l’Épouse triomphaleSourire entre les bras‖ de l’Archer de Stymphale,Le désir me harcèle‖ et hérisse mes crins ;
Car un Dieu, maudit soit‖ le nom dont il se nommeA mêlé dans le sang‖ enfiévré de mes reinsAu rut de l’étalon‖ l’amour qui dompte l’homme.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pareil / vermeil masculine, classiqueb pire / empire féminine, classiquea soleil / sommeil masculine, classiqueb aspire / d’Épire féminine, classiquec triomphale / Stymphale féminine, classiqued crins / reins masculine, classiquee nomme / l’homme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Trophées, Paris, Poésie/Gallimard, 1981· numérisation lyres.chez.com· Sources