Les Trophées, 1893· La Nature et le Rêve
Sur un Marbre brisé
La mousse fut pieuse‖ en fermant ses yeux mornes.Car, dans ce bois inculte,‖ il chercherait en vainLa Vierge qui versait‖ le lait pur et le vinSur la terre au beau nom‖ dont il marqua les bornes.
Aujourd’hui le houblon,‖ le lierre et les viornesQui s’enroulent autour‖ de ce débris divinIgnorant s’il fut Pan,‖ Faune, Hermès ou Silvain,À son front mutilé‖ tordent leurs vertes cornes.
Vois. L’oblique rayon,‖ le caressant encor,Dans sa face camuse‖ a mis deux orbes d’or.La vigne folle y rit‖ comme une lèvre rouge,
Et, prestige mobile,‖ un murmure du vent,Les feuilles, l’ombre errante‖ et le soleil qui bouge,De ce marbre en ruine‖ ont fait un Dieu vivant.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a mornes / bornes féminine, classiqueb vain / vin masculine, classiquea viornes / cornes féminine, classiqueb divin / Silvain masculine, classiquec encor / d’or masculine, classiqued rouge / bouge féminine, classiquee vent / vivant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Trophées, Paris, Poésie/Gallimard, 1981· numérisation lyres.chez.com· Sources