Dilection, 1925· La saint jean d’été· Sonnets pour une année
Mai
Voici que lentement‖ les premières lueursDu jour naissant‖ viennent désaltérer mon âme…Grand ciel divin, parfums‖ d’hysope et de dictame,Cloches d’argent,‖ angélus des jeunes bonheurs !
Dans cette clarté d’aube,‖ aux si fraîches douceurs,Je sens monter en moi,‖ comme un épithalame,Ton souvenir d’hier…‖ Mon pauvre cœur de femmeNe sait plus à qui faire‖ offrande de ses pleurs…
Est-ce à Dieu, est-ce à toi,‖ que je veux en prièreBrûler l’encens‖ de gratitude ?‖ moi qu’altèreLe besoin toujours plus‖ pressant, plus éperdu
De ce bonheur que donne‖ une foi absolue…Au soleil du matin‖ l’oraison te salueAmour !… Sois meilleur pour‖ moi que Dieu ne le fut !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a lueurs / bonheurs masculine, classiqueb âme / dictame féminine, classiquea douceurs / pleurs masculine, classiqueb épithalame / femme féminine, classiquec prière / qu’altère féminine, classiqued éperdu / fut masculine, non classiquee absolue / salue féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Dilection, Paris, ÉDITIONS MONTAIGNE, 1925· Sources