Dernière gerbe, 1902
LIII. « La création va, sombre, et démesurée »
La création va,‖ sombre, et démesurée ;L'étendue à jamais‖ se meut dans la durée ;Le temps tourne au cadran du ciel ;Et l'homme, pendant l'heure‖ où disparaît son âge,Pâle, entend remuer‖ l'effrayant engrenageDe l'infini dans l'éternel.
Le peu de jour qu'on voit‖ passe entre des vertèbres ;Les blancheurs sont le deuil‖ autant que les ténèbres ;Rien ne rayonne, rien n'est sûr ;Le penseur, attentif‖ aux mystères sans nombre,À travers l'amas noir‖ de ces rouages d'ombre,N'aperçoit qu'un lugubre azur.
Versification
- Forme
- 2 sizains (sizains)
- Rimes
- 2(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (8 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 sizains
- Mots à la rime
- a démesurée / durée féminine, classiqueb ciel / l'éternel masculine, classiquec âge / engrenage féminine, classiquea vertèbres / ténèbres féminine, classiqueb sûr / azur masculine, classiquec nombre / d'ombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources