Dernière gerbe, 1902
XLII. « La solitude sainte aux faibles est fatale »
La solitude sainte‖ aux faibles est fatale.
Voyez, il part, il fuit,‖ il se cache, il s'installeDans un bois, dans un trou,‖ loin de tout grand chemin.Le voilà seul. Bonsoir !‖ Voir un visage humain ?Pourquoi ? qui ? Non ! plutôt,‖ que le soleil périsse !Vivent les ours ! L'ennui‖ le tient et le hérisse.Il ne se peigne plus, il ne se rase plus :Son âme est cul-de-jatte‖ et son cœur est perclus.Fermez la porte. Il vit,‖ fauve, dans sa tanière.N’ayant pas autre chose, il prend sa cuisinière.Il devient triste, froid,‖ lascif, méchant, petitSon esprit par degrés‖ dans la chair s'engloutit.En lui la brute monte et gagne sa cervelle ;Le néant sous son front‖ lentement se nivelle ;Il boit, il mange, il marche ;‖ autrefois ça pensait.Vit-il ? on ne sait plus‖ au juste ce que c'est,Et le vieux loup Satan‖ rit dans ses nuits funèbresDe voir cette lueur‖ sombrer dans les ténèbres.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fatale / s'installe féminine, classiqueb chemin / humain masculine, classiquec périsse / hérisse féminine, classiqued plus / perclus masculine, classiquee tanière / cuisinière féminine, classiquef petit / s'engloutit masculine, classiqueg cervelle / nivelle féminine, classiqueh pensait / c'est masculine, classiquei funèbres / ténèbres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources