Dernière gerbe, 1902
XI. Nuit tombante
Une forge là-bas‖ flamboie au pied des monts.Vois ces deux forgerons que le feu montre et voile.Le fer rouge étincelle.‖ On dirait deux démonsÀ grands coups de marteaux écrasant une étoile.
Que forgent-ils donc là,‖ ces deux sombres forgeurs ?Font-ils une charrue‖ ou font-ils une épée ?Leur enclume sonore‖ incessamment frappéeFait sur la route au loin‖ rêver les voyageurs.
Glaive ou soc, ce qu'ils font‖ est l'œuvre de Dieu même.Que ce soit l'humble fer‖ ou l'acier belliqueux,L'oiseau chante autour d'eux,‖ l'eau palpite, l'ombre aime,La nature profonde‖ est en paix avec eux…
31 octobre 1840 — Route d’Épernay à Château-Thierry.
Versification
- Forme
- 3 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a monts / démons masculine, classiqueb voile / étoile féminine, classiquea forgeurs / voyageurs masculine, classiqueb épée / frappée féminine, classiquea même / aime féminine, classiqueb belliqueux / eux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources