Dernière gerbe, 1902
CXXVII. « Oh ! je t'emporterai si haut dans les nuées »
Oh ! je t'emporterai‖ si haut dans les nuées,Vipère, que la bourbe où la nuit t’engendra,La plaine et le marais,‖ les cris et les huées,Les voix, les pas, le bruit,‖ tout s'évanouira !
Je briserai tes dents‖ dans ta bouche, ô vipère !En vain tu te tordras,‖ reptile épouvanté,En vain tu te tordras,‖ cherchant des yeux la terre,Tu ne verras plus rien‖ qu'une immense clarté !
Rien que le ciel profond,‖ éternel, immobile,Que les êtres créés‖ sentent au-dessus d'euxEt qui dans sa splendeur‖ implacable et tranquillePèse de toutes parts‖ sur les monstres hideux !
Et ce ne sera pas,‖ pour l'oiseau dans la nue,Un médiocre effroi‖ de voir cet être impur,Cette chose difforme‖ au soleil inconnue,Qui, faite pour la fange,‖ expire dans l'azur !
Si ceux qui t'admiraient —‖ car, vipère, on t'admire, —Te cherchent au cloaque‖ où tu crois t'abriter,Il sortira de l'ombre‖ une voix pour leur dire :Un aigle a passé là‖ qui vient de l'emporter.
23 mai 1850
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a nuées / huées féminine, classiqueb t’engendra / s'évanouira masculine, classiquea vipère / terre féminine, classiqueb épouvanté / clarté masculine, classiquea immobile / tranquille féminine, classiqueb d'eux / hideux masculine, classiquea nue / inconnue féminine, classiqueb impur / l'azur masculine, classiquea t'admire / dire féminine, classiqueb t'abriter / l'emporter masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources