Dernière gerbe, 1902
LXXX. Portrait
Foin de cet orateur,‖ pédant enchifrenéDe qui l'esprit ne sort‖ qu'en passant par son né !Son éloquence humide‖ abonde en longs filandres.Quand ce bavard, pour mettre‖ un terme à nos esclandres,Paraît, blême et bouffi‖ d'un ennui colossal,A la tribune, orné‖ de son courroux nasal,Vous attendez qu'il tonne‖ et moi qu'il éternue.Quoi ! du nasillement‖ l'heure est-elle venue !Oh ! le puissant tribun‖ qui fait que les partis,Quand il parle, oubliant‖ griefs, vœux, appétits,Et toi, Liberté sainte,‖ aujourd'hui prisonnière,Pensent à leur mouchoir et non à leur bannière !Soit ; émerveillez-vous !‖ Fort bien, criez : bravo !Moi je n’admire pas ce rhume de cerveau.Certes, ce coryza,‖ je l'avoue, est énorme,Stupéfiant, tenace‖ à rendre un nez difforme,Monstrueux, magnifique,‖ horrible, point bénin ;Le rhume est d'un titan,‖ mais le cerveau d'un nain.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a enchifrené / né masculine, classiqueb filandres / esclandres féminine, classiquec colossal / nasal masculine, classiqued éternue / venue féminine, classiquee partis / appétits masculine, classiquef prisonnière / bannière féminine, classiqueg bravo / cerveau masculine, classiqueh énorme / difforme féminine, classiquei bénin / nain masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources