Dernière gerbe, 1902
XIII. « Sur les cloches d'airain qui frissonnent toujours »
Sur les cloches d'airain‖ qui frissonnent toujours,Sur les beffrois plaintifs‖ qui dorment dans les tours,La nuit n'a pas encor‖ frappé la douzième heure,Mais son aile déjà‖ s'approche et les effleure.— Baoum ! — Chut ! voici le‖ premier coup. — Baoum ! — Deux.J'ai vu passer dans l'air‖ comme un masque hideux.Trois. — Quatre. — Pas un astre‖ au ciel. — Cinq. — Sur ma tablePour conjurer cette heure‖ étrange et redoutableJ'ai des charmes écrits‖ en hébreu. — Six. — Je voisUne vague lueur‖ glisser le long des toits.Sept. — Huit. — Neuf. — Dix. — J'entends‖ l'archet d'un bal dans l'ombre.Son gai frémissement‖ meurt en grincement sombre.Onze. — Une porte au loin‖ se ferme en ce moment.Douze : — Le dernier coup !‖ Il tinte lentement,Puis il tremble et s'éteint‖ dans le clocher qui râle…Minuit. — Puis tout se tait.‖ L'ombre est plus sépulcrale.On dirait qu'un linceul‖ sur la ville est tombé.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a toujours / tours masculine, classiqueb heure / effleure féminine, classiquec Deux / hideux masculine, classiqued table / redoutable féminine, classiquee vois / toits masculine, classiquef l'ombre / sombre féminine, classiqueg moment / lentement masculine, classiqueh râle / sépulcrale féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources