La légende des siècles, 1877· XVIII Le groupe des idylles
XIII. Pétrarque
Elle n'est plus ici ;‖ cependant je la voisLa nuit au fond des cieux,‖ le jour au fond des bois !Qu'est-ce que l'œil de chair‖ auprès de l'œil de l'âme ?On est triste ; on n'a pas‖ près de soi cette femme,On est dans l'ombre ; eh bien,‖ cette ombre aide à la voir,Car l'étoile apparaît‖ surtout dans le ciel noir.Je vois ma mère morte,‖ et je te vois absente,O Laure ! Où donc es-tu ?‖ Là-bas, éblouissante.Je t'aime, je te vois.‖ Sois là, ne sois pas là,Je te vois. Tout n'est rien‖ si tout n'est pas cela,Aimer. Aimer suffit ;‖ pas d'autre stratagèmePour être égal aux dieux‖ que ce mot charmant : J'aime.L'amour nous fait des dons‖ au-dessus de nos sens,Laure, et le plus divin,‖ c'est de nous voir absents ;C'est de t'avoir, après‖ que tu t'es exilée !C'est de revoir partout‖ ta lumière envolée !Je demande : Es-tu là,‖ doux être évanoui ?La prunelle dit : Non,‖ mais l'âme répond : Oui.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a vois / bois masculine, classiqueb l'âme / femme féminine, classiquec voir / noir masculine, classiqued absente / éblouissante féminine, classiquee là / cela masculine, classiquef stratagème / J'aime féminine, classiqueg sens / absents masculine, classiqueh exilée / envolée féminine, classiquei évanoui / Oui masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources