La légende des siècles, 1877· XVIII Le groupe des idylles
VI. Théocrite
O belle, crains l'Amour,‖ le plus petit des dieux,Et le plus grand ; il est‖ fatal et radieux ;Sa pensée est farouche‖ et sa parole est douce ;On le trouve parfois‖ accroupi dans la mousse,Terrible et souriant,‖ jouant avec les fleurs ;Il ne croit pas un mot‖ de ce qu'il dit ; les pleursEt les cris sont mêlés‖ à son bonheur tragique ;Maïa fit la prairie,‖ il fait la géorgique ;L'Amour en tout temps pleure,‖ et triomphe en tout lieu ;La femme est confiante‖ aux baisers de ce dieu,Car ils ne piquent pas,‖ sa lèvre étant imberbe.— Tu vas mouiller ta robe‖ à cette heure dans l'herbeLyda, pourquoi vas-tu‖ dans les champs si matin ?Lyda répond : — Je cède‖ au ténébreux destin,J'aime, et je vais guetter‖ Damœtas au passage,Et je l'attends encor‖ le soir, étant peu sage,Quand il fait presque nuit‖ dans l'orme et le bouleau,Quand la nymphe aux yeux verts‖ danse au milieu de l'eau.— Lyda, fuis Damœtas !‖ — Je l'adore et je tremble.Je ne puis lui donner‖ toutes les fleurs ensemble,Car l'une vient l'automne‖ et l'autre vient l'été ;Mais je l'aime. — Lyda,‖ Lyda, crains Astarté.Cache ton cœur en proie‖ à la sombre chimère.Il ne faut raconter‖ ses amours qu'à sa mèreA l'heure matinale‖ où le croissant pâlit,Quand elle se réveille‖ en riant dans son lit.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 13((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a dieux / radieux masculine, classiqueb douce / mousse féminine, classiquec fleurs / pleurs masculine, classiqued tragique / géorgique féminine, classiquee lieu / dieu masculine, classiquef imberbe / l'herbe féminine, classiqueg matin / destin masculine, classiqueh passage / sage féminine, classiquei bouleau / l'eau masculine, classiquej tremble / ensemble féminine, classiquek l'été / Astarté masculine, classiquel chimère / mère féminine, classiquem pâlit / lit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources