Les années funestes, 1898
XV. « Ils nous raillent, disant »
Ils nous raillent, disant :— Ces gens, en vérité,Ont de bien mauvais yeux.‖ Ils ont pris à côtéDes bons chemins, pourtant‖ si doux et si faciles :Où donc sont-ils allés,‖ ces pauvres imbéciles ?Ils ont voulu le deuil‖ et la misère. Ils l'ont.Dis donc, Magnan, dis donc,‖ Sibour, dis donc, Troplong,Il ne tenait pourtant‖ qu'à ces idiots d'êtreComme nous riches, grands‖ et rentés par le maître.Les niais ! ils n'avaient‖ qu'à dire : Ainsi soit-il !Et, le sénat s'offrant,‖ ils ont choisi l'exil ! —
Eux cependant, sans voir‖ devant eux, vils, horribles,Souillés, sanglants, ils vont‖ aux ténèbres terribles,À la honte, à la fange,‖ à la calamité,À Dieu qui dans la nuit‖ les regarde irrité,Au gouffre où court le fourbe‖ et le traître et l'impie ;Et leur cécité rit‖ de notre myopie.
10 mars.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources