Les chansons des rues et des bois, 1865· Livre premier Jeunesse· V Silhouettes du temps jadis
VI. C’est parce qu’elle se taisait
Son silence fut mon vainqueur ;C'est ce qui m'a fait épris d'elle.D'abord je n'avais dans le cœurRien qu'un obscur battement d'aile.
Nous allions en voiture au bois,Seuls tous les soirs, et loin du monde ;Je lui parlais, et d'autres voixChantaient dans la forêt profonde.
Son œil était mystérieux.Il contient, cet œil de colombe,Le même infini que les cieux,La même aurore que la tombe.
Elle ne disait rien du tout,Pensive au fond de la calèche.Un jour je sentis tout à coupTrembler dans mon âme une flèche.
L'Amour, c'est le je ne sais quoi.Une femme habile à se taireEst la caverne où se tient coiCe méchant petit sagittaire.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a vainqueur / cœur masculine, classiqueb d'elle / d'aile féminine, classiquea bois / voix masculine, classiqueb monde / profonde féminine, classiquea mystérieux / cieux masculine, classiqueb colombe / tombe féminine, classiquea tout / coup masculine, non classiqueb calèche / flèche féminine, classiquea quoi / coi masculine, classiqueb taire / sagittaire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les chansons des rues et des bois, Paris, A. LACROIX, VERBOECKHOVEN ET Cie, ÉDITEURS, 1866· numérisation ebooksgratuits.com· Sources