Les quatre vents de l’esprit, 1881· I Le livre satirique — Le siècle —
VIII. Écrit sur la première page d’un livre de joseph de Maistre
Cathédrale monstre ! BâtieContre le droit et le devoir !Plan incliné. La sacristie,Glissante, devient l’abattoir.
Ici les cierges, là les torches.Dans ce temple, à deux fins construit,On juxtapose les deux porchesDe la lumière et de la nuit.
Fausse lumière et nuit réelle.L’ombre de Rome sur Paris.Une aigle ayant au bout de l’aileDes ongles de chauve-souris.
Une logique épouvantableInvente, ô peuple sans vengeurs,Un Reims étrange à double tableOù sont assis tes deux mangeurs.
Les deux noirs êtres qui te rongent,Le magnifique et le hideux,Boivent ton sang ensemble, et songent,Avec leur prêtre à côté d’eux.
Double chapelle, et double apôtre.Bonald en l’une, altier zéro,Couronne le prince, et, dans l’autre,De Maistre sacre le bourreau.
L’horreur à l’empire est mêlée.On a sur le trône étaléUne pourpre coaguléeQui de l’échafaud a coulé.
Un homme règne, un homme fauche ;Soit. J’ai toujours cru qu’on verraitSe marier de la main gaucheL’épée avec le couperet.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a Bâtie / sacristie féminine, classiqueb devoir / l’abattoir masculine, classiquea torches / porches féminine, classiqueb construit / nuit masculine, classiquea réelle / l’aile féminine, classiqueb Paris / chauve-souris masculine, classiquea épouvantable / table féminine, classiqueb vengeurs / mangeurs masculine, classiquea rongent / songent féminine, classiqueb hideux / d’eux masculine, classiquea apôtre / l’autre féminine, classiqueb zéro / bourreau masculine, classiquea mêlée / coagulée féminine, classiqueb étalé / coulé masculine, classiquea fauche / gauche féminine, classiqueb verrait / couperet masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources