Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
XXIX. « L’absolu, l’éternel. Rien après, rien avant »
L’absolu, l’éternel.‖ Rien après, rien avant.Hors de cet horizon‖ l’esprit n’est pas vivant.S’il n’a point l’abîme, il réclame.Tout vouloir, tout savoir,‖ tout sonder tour à tour,C’est la seule façon‖ de composer un jourQui suffise au regard de l’âme.
L’âme veut pour plafond‖ la vaste liberté,Et ne peut demeurer‖ que dans l’illimité.Ni cloisons, ni rideaux, ni toiles.Seuls la nuit, sous le ciel‖ calme et silencieux,Les sphynx n’ont, pour emplir‖ de lumière leurs yeux,Pas trop de toutes les étoiles.
L’immensité, c’est là‖ le seul asile sûr.Je crois être banni,‖ si je n’ai tout l’azur.Tout l’espace, c’est là que j’entre.Je veux tout le ciel bleu,‖ je veux tout le ciel noir ;L’infini par moments‖ me semble à peine avoirLa dimension de mon antre.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a avant / vivant masculine, classiqueb réclame / l’âme féminine, classiquec tour / jour masculine, classiquea liberté / l’illimité masculine, classiqueb toiles / étoiles féminine, classiquec silencieux / yeux masculine, classiquea sûr / l’azur masculine, classiqueb j’entre / antre féminine, classiquec noir / avoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources