Les voix intérieures, 1837
XXIV. Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir
Quels sont ces bruits sourds ?Écoutez vers l'ondeCette voix profondeQui pleure toujoursEt qui toujours gronde,Quoiqu'un son plus clairParfois l'interrompe… —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Comme il pleut ce soir !N'est-ce pas, mon hôte ?Là-bas, à la côte,Le ciel est bien noir,La mer est bien haute !On dirait l'hiver ;Parfois on s'y trompe… —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Oh ! marins perdus !Au loin, dans cette ombreSur la nef qui sombre,Que de bras tendusVers la terre sombre !Pas d'ancre de ferQue le flot ne rompe. —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Nochers imprudents !Le vent dans la voileDéchire la toileComme avec les dents !Là-haut pas d'étoile !L'un lutte avec l'air,L'autre est à la pompe. —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
C'est toi, c'est ton feuQue le nocher rêve,Quand le flot s'élève,Chandelier que DieuPose sur la grève,Phare au rouge éclairQue la brume estompe !Le vent de la merSouffle dans sa trompe
17 juillet 1836.
Versification
- Forme
- 5 neuvains (neuvains)
- Rimes
- 5(abbabcdcd)
- Mètre
- Pentasyllabes
- Strophes
- 5 neuvains
- Mots à la rime
- a sourds / toujours masculine, classiqueb l'onde / profonde / gronde féminine, classiquec clair / mer masculine, classiqued l'interrompe / trompe féminine, classiquea soir / noir masculine, classiqueb hôte / côte / haute féminine, classiquec l'hiver / mer masculine, classiqued trompe féminine, classiquea perdus / tendus masculine, classiqueb ombre / sombre féminine, classiquec fer / mer masculine, classiqued rompe / trompe féminine, classiquea imprudents / dents masculine, classiqueb voile / toile / d'étoile féminine, classiquec l'air / mer masculine, classiqued pompe / trompe féminine, classiquea feu / Dieu masculine, classiqueb rêve / s'élève / grève féminine, classiquec éclair / mer masculine, classiqued estompe / trompe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
45 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1985· numérisation poesies.net· Sources